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Culture - Exposition

Fadi Chamaa, ce serial killer !

En pliant ses toiles, les tordant, les nouant et les accrochant comme des morceaux de viande en boucherie, Fadi Chamaa, qui a installé ses « Transformations » à la galerie Joanna Saïkaly* jusqu'au 11 avril, trucide l'œuvre d'art tout en la recréant.

« Transformations », ou la suspension des œuvres. (Michel Sayegh)

Dans une atmosphère éthérée où des rideaux blancs vaporeux divisent l'espace, de longues toiles nouées et renouées, peintes et repeintes sont suspendues au plafond. Elles se meuvent dès qu'on les frôle et peuvent prendre à loisir une autre forme en laissant percer leurs autres facettes. Les nœuds bien entrelacés portent le secret enfoui de la toile réalisée à l'intérieur des pans. Impossible de les dénouer pour en savoir plus. Une œuvre nouvelle enterrerait-elle l'ancienne, ou serait-elle en parfaite continuité avec elle?
Pour mieux comprendre la démarche artistique de Fadi Chamaa, il faudra d'abord s'attarder sur la vidéo posée à l'entrée et qui le représente à l'œuvre.
Ce travail, il le qualifiera lui-même «d'une célébration à la renaissance, l'invention, la paix, mais aussi à la destruction, le meurtre, l'annihilation et la transformation». «Tout se transforme, ajoute-t-il, et l'acte de peindre n'est qu'une tentative de préserver les émotions en donnant de la vie à la moindre particule.»
Autodidacte, Chamma qui avance à tâtons dans le milieu de l'art ponctue cette marche par des expositions notamment au musée Sursock, à la galerie Rochane ou encore à la galerie Luisa Melvin au Kenya.
C'est donc dans cet acte de peindre chargé d'émotions mais aussi de responsabilité que se définit le sens de son langage artistique. Sans vraiment expliquer les tenants et les aboutissants, l'artiste a articulé son travail sur ses préambules et sa finalité : l'avant et l'après. C'est dans cette représentation de soi au travail que l'œuvre s'accomplit vraiment.
On est en droit de s'interroger devant la mort sur la transformation d'un corps, sa mutation en une phase postcorporelle. L'art n'est-il pas de même une matière? Assiste-t-on à sa mort, à sa métamorphose? Et lorsqu'il meurt, ne serait-il pas, à l'instar du corps humain, destiné à atteindre une autre dimension. «Ce qui est visible est temporel, dit Chamaa, mais l'invisible est éternel.» Par cette réflexion, la tentative d'émergence d'un acte devenu commun lui redonne tout son éclat et sa créativité.

* Galerie Joanna Saïkaly (rue Gouraud, Gemmayzé).
Jusqu'au 11 avril. Horaires d'ouverture : 12h00 à 19h00. Tél. : 70/776711.
Dans une atmosphère éthérée où des rideaux blancs vaporeux divisent l'espace, de longues toiles nouées et renouées, peintes et repeintes sont suspendues au plafond. Elles se meuvent dès qu'on les frôle et peuvent prendre à loisir une autre forme en laissant percer leurs autres facettes. Les nœuds bien entrelacés portent le secret enfoui de la toile réalisée à l'intérieur des pans. Impossible de les dénouer pour en savoir plus. Une œuvre nouvelle enterrerait-elle l'ancienne, ou serait-elle en parfaite continuité avec elle?Pour mieux comprendre la démarche artistique de Fadi Chamaa, il faudra d'abord s'attarder sur la vidéo posée à l'entrée et qui le représente à l'œuvre.Ce travail, il le qualifiera lui-même «d'une célébration à la renaissance, l'invention, la paix, mais aussi à la destruction, le meurtre,...
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