Tomoko Sato et son époux montrant l’emplacement de leur maison à Minamisoma, une petite ville située à l’intérieur d’un rayon de 20 km au nord de la centrale de Fukushima. Toshifumi Kitamura/AFP
Entre-temps, de nombreux habitants, dont Mme Saoto, ont trouvé refuge dans des centres d'accueil, mais d'autres ont été livrés à eux-mêmes, obligés de trouver seuls un toit provisoire, avec pour seul réconfort un manteau et une couverture face au froid glacial et à la neige.
« Je suis très en colère contre Tepco », dit Ikuko Ishibashi, 63 ans, qui exploitait une ferme tout près de la centrale et a trouvé refuge à Yokote. « Certes, le séisme et le tsunami sont des catastrophes naturelles, mais il y a une part de responsabilité humaine dans l'accident nucléaire », ajoute-t-elle. « Sans cet accident nucléaire, nous aurions pu nous remettre plus vite du séisme et du tsunami et reprendre notre vie plus facilement », confie-t-elle encore, demandant que les réacteurs soient « démantelés aussitôt que possible ».
Mercredi, le président honoraire de Tepco, Tsunehisa Katsumata, a de nouveau présenté ses excuses et reconnu que les mesures antitsunami avaient été insuffisantes mais ne s'est pas engagé sur la question des dédommagements. Il a également admis que son entreprise était « dans une situation très grave » sur le plan financier. Tepco doit non seulement assumer le coup des opérations d'urgence à Fukushima mais aussi se préparer à indemniser les victimes de la radioactivité émanant de la centrale.
Pour Toshinori Sato, qui a reçu l'ordre d'évacuer sans qu'on lui dise où aller, c'est aussi le manque d'informations et des mesures d'évacuation inadaptées qui ont « fait monter l'inquiétude ». « Les gens disent que trop d'informations créent la confusion, mais ne pas donner suffisamment d'informations a un impact bien plus grand », assure-t-il. Pour lui, la responsabilité du gouvernement est en partie engagée, dans la mesure où il ne s'est pas assuré que Tepco exploitait la centrale à l'abri de tout danger.
Alors que beaucoup d'évacués ont abandonné l'idée de rentrer un jour chez eux, la famille Sato, elle, n'y a pas renoncé. « Une fois que tout sera réglé, nous voulons rentrer », assure Tomoko Sato, dont l'entreprise lui a garanti de retrouver son emploi. « Nous ne savons pas quand mais nous voulons acheter une nouvelle maison », explique-t-elle. « Mais elle devra se trouver loin de la mer et de la centrale nucléaire. »
(Source : AFP)


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