« M. Gbagbo a encore quelques heures pour partir, sinon ce sera la marche sur Abidjan. Et ce sera beaucoup plus compliqué pour lui », a averti sur France 24 Guillaume Soro, Premier ministre de M. Ouattara.
Dans la métropole abidjanaise, de nombreux habitants sont rentrés précipitamment chez eux dans l'après-midi. Des tirs ont été entendus dans plusieurs quartiers nord. Au Plateau, où se trouve le palais présidentiel, la circulation était des plus réduites. Les Forces républicaines de M. Ouattara, regroupant essentiellement les ex-rebelles qui tiennent le Nord depuis 2002, ont donc poursuivi leur avancée en prenant Yamoussoukro et Soubré, à 130 km au nord de San Pedro (Sud-Ouest), plus important port d'exportation du cacao au monde. Elles avaient déjà remporté d'importantes victoires mardi en entrant à Duékoué, Daloa (centre-Ouest) et Bondoukou (Est), mais aussi Abengourou (Sud-Est), à seulement 220 km de la capitale économique Abidjan. L'ambassadeur de Côte d'Ivoire en France nommé par M. Ouattara, Ally Coulibaly, a assuré que les forces de son camp contrôlaient « les trois quarts » du pays. Yamoussoukro, village natal du « père de la nation » Félix Houphouët-Boigny (1960-1993) devenu capitale politique, est tombé aux mains des combattants pro-Ouattara, pratiquement sans combat, seuls quelques tirs de kalachnikov ayant été entendus, selon des habitants.
Selon plusieurs témoignages, les forces pro-Ouattara ont poursuivi leur route vers le Sud, ne laissant qu'un petit détachement dans la capitale politique. Sur le front est, les forces pro-Ouattara avancent rapidement sans rencontrer de forte résistance, s'approchant toujours un peu plus d'Abidjan. Le camp Gbagbo avait appelé mardi soir à un « cessez-le-feu immédiat », se déclarant prêt à des négociations avec le camp rival sous l'égide de l'Union africaine début avril à Addis-Abeba.
(Source : AFP)

