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Culture - Cimaises

« Arborescences » libanaises au Grand Palais

Sous le titre d'« Arborescences », une vingtaine d'œuvres entre peinture, lavis, photos et sculptures sont présentées au Grand Palais à l'avenue Winston Churchill, dans le cadre d'Art Paris cru 2011, par la galerie Alice Mogabgab.

Le Grand Palais à Paris. (DR)

Dans une palette de créations originales et sortant des chemins battus, voilà neuf artistes pour déclarer leur flamme à leurs amis les arbres.
En termes poétiques, «Arbre, mon ami», aurait dit Minou Drouet. De cette petite phrase tendre et touchante, éminemment écologique bien avant les temps qui courent où l'on crie à hue et à dia gare à l'extinction des bois et des forêts, les artistes en ont vite fait leur slogan, leur oriflamme et la pointe acérée des préoccupations de leur inspiration, de leur palette, de leur pinceau, de leur burin.
Avec des techniques diverses, des expressions différentes, une inspiration libre et des sensibilités divergentes et de tous horizons, l'arbre a, dans ce pavillon voué à l'art moderne, la beauté des paysages du monde et les couleurs de toutes les saisons...
Si cet arbre diffuse de chaleureuses sources de tendresse, d'amitié et de fraternité, il n'en parle pas moins aussi de la solitude, de l'obsession, de l'angoisse, de la domination, de tous les égarements et dérives de tout être vivant...
Si Charles Belle nous a habitués au velours de ses roses à la fois lourdes, aériennes et capiteuses, son pinceau a traqué aujourd'hui un arbre gigantesque, puissant, presque wagnérien dans sa dimension mythique, sombre, massive et mystérieuse.
De sa Belgique verdoyante, Pascal Courcelles propose une vision enchanteresse de l'arbre avec ses frondaisons ombrageuses et rassurantes, coin de fraîcheur et d'innocence par sa simplicité presque enfantine et naïve.
Comme une douce estampe aux tonalités beiges estompées est cet arbre aux contours asiatiques de Takayoshi Sakabé. Ombres délicatement dessinés et reliefs habilement peints. Presque une branche d'érable au feuillage vert délavé aplati, plantée au creux d'une rocaille drue, lisse et d'un étrange marron argile, d'un gris pâle. Comme le masque d'une geisha au visage enfariné ou l'expression insaisissable d'un comédien nô ou bunraku...
Romantique et presque impressionniste est cette toile de la Polonaise Malgorzata Paszko, qui plonge son regard chargé de rêve et d'appel à la paix et aux confusions des sentiments dans un étang gardé par une frondaison à la fois exubérante, désordonnée et opulente.
Solitude mais élégance et fierté urbaines pour cet arbre de Patrice Giorda qui a élu domicile, en toute autorité et décontraction, sur une place publique. Tels ces arbres fantomatiques de Georges Schéhadé dans la Soirée des Proverbes ou ce fatal tronc d'un chêne où se perd le destin de L'émigré de Brisbane...
L'œil de la caméra de Houda Kassatly, toujours vif et prompt à capter l'essentiel et le fugace, à l'affût et aux aguets, a divinement mis en boîte, en toute netteté et clarté, cet arbuste touffu, en pente douce sur un plateau de cailloux blancs et polis par le temps, l'érosion et l'interminable caresse du vent.
Nu, décharné, presque «don quichotesque» est cet arbre aux bras ouverts comme un fantôme d'Éric Poitvin. Combats vains contre la vie et ses adversités, mais où cette même sécheresse n'est pas sans espoir de victoire, de renaissance et de floraison nouvelle.
Dentelles fines et architecturées pour cet immense lavis de François Houtin dont les nervures des branches sont comme un inextricable réseau composé de myriades de veines où coule une sève générant vie et énergie. Mais aussi de cet esprit qui fait douter des moments de sérénité ou de bonheur...
Tranchants et patiemment rabotés sont ces bouts d'acier patinés qui forment, en un mélange presque amusant et à l'équilibre «caldérien», la sculpture de Jean Bernard Susperrgui. Un arbre trapu mais robuste dans ses ramifications bouffies et survitaminées. Un arbre aux tons bronzés qui parle en toute tendresse, éloquence et modernité des ombrages bienfaisants en période de canicule ou de lecture heureuse quand le dôme des feuilles protège des rayons d'un soleil à l'assiduité
dérangeante...
Dans cette foisonnante forêt jaillie au cœur de la Ville lumière par le biais de l'art, les arbres ont des embellies (et des représentations!) insoupçonnées, une dimension écologique omniprésente et surtout un indéniable sens symbolique de la fraternité humaine dans un univers régi aujourd'hui par la violence, le chaos et la négligence des valeurs morales et affectives.
D'un monde arabe embrasé et particulièrement d'un Liban en quête d'harmonie et d'équilibre, voilà que l'art tend une branche d'olivier, message d'amour, d'une certaine spiritualité et de paix.

Exposition du 31 mars jusqu'au 3 avril - Stand D10.
Dans une palette de créations originales et sortant des chemins battus, voilà neuf artistes pour déclarer leur flamme à leurs amis les arbres.En termes poétiques, «Arbre, mon ami», aurait dit Minou Drouet. De cette petite phrase tendre et touchante, éminemment écologique bien avant les temps qui courent où l'on crie à hue et à dia gare à l'extinction des bois et des forêts, les artistes en ont vite fait leur slogan, leur oriflamme et la pointe acérée des préoccupations de leur inspiration, de leur palette, de leur pinceau, de leur burin. Avec des techniques diverses, des expressions différentes, une inspiration libre et des sensibilités divergentes et de tous horizons, l'arbre a, dans ce pavillon voué à l'art moderne, la beauté des paysages du monde et les couleurs de toutes les saisons...Si cet arbre diffuse de...
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