M. Yad Ben Achour a menacé de démissionner alors que 70 membres environ de la commission exigeaient que cet organisme publie un communiqué sur le nouveau ministre de l'intérieur nommé lundi, Habib Essid.
Selon les protestataires, ce dernier serait lié à l'ancien régime du président Ben Ali (nov 1987-janv 2011) puisqu'il a été chef de cabinet du ministre de l'agriculture de 1993 à 1997 puis du ministre de l'Intérieur de 1997 à 2001.
M. Ben Achour a accusé les partisans d'une motion exigeant une prise de position contre le nouveau ministre de saboter le travail de la commission et de vouloir retarder les échéances électorales.
La composition de la Haute commission créée en janvier soulève depuis plusieurs jours de très vives critiques, ses détracteurs estimant que sous sa forme actuelle elle est "incompatible avec les objectifs de la révolution et les aspirations du peuple tunisien".
Le 26 mars, son président a annoncé qu'elle allait être élargie pour mieux représenter les 24 régions du pays et englober tous ceux qui ont contribué à la chute du régime Ben Ali en janvier.
La question d'une rupture totale avec l'époque de Ben Ali est récurrente dans la vie politique depuis deux mois et demi.
Le premier cabinet formé par Mohammed Ghannouchi après la chute de Zine El Abidine Ben Ali le 14 janvier, était déjà tombé moins de deux semaines plus tard sur la présence de poids-lourds de l'ancien régime.
Au bout de cinq jours de manifestations sous ses fenêtres, celui qui fut le dernier Premier ministre de Ben Ali onze ans durant avait jeté l'éponge le 27 janvier et formé une nouvelle équipe expurgée des "bénalistes" trop voyants, tout en sauvant sa tête.


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