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Moyen Orient et Monde - Yémen

Saleh se voit en dernier rempart contre le chaos

Le général dissident Ali Mohsen al-Ahmar promet de déloger le président à n'importe quel prix.
Le président yéménite Ali Abdallah Saleh, revigoré par une mobilisation de ses partisans, reste sourd aux appels à la démission lancés par l'opposition. M. Saleh, dans une longue interview à la télévision al-Arabiya diffusée dans la nuit de samedi à dimanche, a déployé tout son talent pour convaincre qu'il restait l'homme de la situation. « Nous leur disons : venez, discutons ensemble d'une solution à feu doux consistant à transférer le pouvoir pacifiquement. Nous ne nous agrippons pas au pouvoir, mais on ne peut pas le donner à n'importe qui », a-t-il déclaré. Il a accusé les islamistes de « surfer sur le mouvement des jeunes » qui agite les pays arabes et a affirmé que son pays était « une bombe à retardement » qui risquait de basculer dans une situation « à la somalienne ». Il s'est en outre montré sceptique sur la capacité des opposants à gérer le pays : « Je les mets au défi (...) de trouver des solutions aux problèmes du Yémen, même si le président part dans deux heures. » Samedi déjà, M. Saleh avait réaffirmé son intention de ne pas céder le pouvoir. « Nous sommes toujours là, solides comme un roc, et nous ne serons pas ébranlés par les événements », a-t-il déclaré.
Parallèlement, le comité central du Congrès général du peuple, au pouvoir, a recommandé hier la formation d'un nouveau gouvernement chargé de rédiger une Constitution fondée sur un régime parlementaire. Cette nouvelle était diffusée sur le site d'information du ministère de la Défense. En outre, les négociations sur une transition du pouvoir ont été interrompues et ne devraient pas reprendre dans l'immédiat, a déclaré un collaborateur du général Ali Mohsen al-Ahmar, qui s'est rangé dans le camp des opposants. Un porte-parole de la principale coalition d'opposition a aussi confirmé que les discussions étaient interrompues. De son côté, le général al-Ahmar a promis de contribuer au départ de M. Saleh. Dans un communiqué lu en son nom par son porte-parole, le général al-Ahmar, rappelant qu'il « a porté le président Saleh au pouvoir il y a 32 ans », lui « demande de partir au nom de la révolte » du peuple. Il promet « de faire réussir la révolte pacifique des jeunes par tous les moyens et quel que soit le prix à payer », a ajouté le porte-parole. « L'armée yéménite se tient aux côtés de la révolte du peuple », a assuré encore le général.
Par ailleurs, selon des câbles diplomatiques révélés par WikiLeaks, les États-Unis se demandaient dès 2005 qui pourrait succéder à M. Saleh, évoquant le général al-Ahmar. Hier, le secrétaire US à la Défense, Robert Gates, a reconnu que la chute de M. Saleh ou son remplacement par un gouvernement « plus faible » poserait un « vrai problème » pour les États-Unis dans la lutte contre el-Qaëda. Toutefois, de nombreuses informations circulent au Yémen sur la perte totale de contrôle du pouvoir central sur des régions entières comme le Nord, fief des rebelles chiites, ou l'Est, où s'active le réseau el-Qaëda. Dans une nouvelle attaque attribuée aux réseaux extrémistes, six militaires ont été tués hier dans la province de Marib. De même, de violents accrochages ont opposé l'armée à des membres présumés d'el-Qaëda dans la province d'Abyane, faisant un mort et un blessé grave. À la suite de ces affrontements, les islamistes ont réussi à prendre le contrôle de la ville de Jaar.
(Source : agences)
Le président yéménite Ali Abdallah Saleh, revigoré par une mobilisation de ses partisans, reste sourd aux appels à la démission lancés par l'opposition. M. Saleh, dans une longue interview à la télévision al-Arabiya diffusée dans la nuit de samedi à dimanche, a déployé tout son talent pour convaincre qu'il restait l'homme de la situation. « Nous leur disons : venez, discutons ensemble d'une solution à feu doux consistant à transférer le pouvoir pacifiquement. Nous ne nous agrippons pas au pouvoir, mais on ne peut pas le donner à n'importe qui », a-t-il déclaré. Il a accusé les islamistes de « surfer sur le mouvement des jeunes » qui agite les pays arabes et a affirmé que son pays était « une bombe à retardement » qui risquait de basculer dans une situation « à la somalienne ». Il s'est en outre...
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