Hier, réagissant pour la première fois officiellement au sommet de l'Union africaine du 10 mars à Addis-Abeba, qui avait confirmé l'élection de son rival Alassane Ouattara comme président ivoirien lors du scrutin de novembre 2010, M. Gbagbo a néanmoins dit « prendre acte des cadres de discussion proposés » par l'UA. Il « attend le haut représentant mandaté par l'institution pour envisager le schéma de dialogue interivoirien, seul gage de sortie pacifique de la crise, seul moyen pour préserver la sécurité des citoyens », indique le communiqué. Gbagbo a également appelé les combattants du camp adverse à « déposer les armes ». Un appel rejeté par l'ex-rébellion ivoirienne alliée à Alassane Ouattara. « Jusque-là, nous ne faisons que nous défendre et lui (M. Gbagbo) ne demande pas à ses miliciens de déposer les armes, mais c'est à nous qu'il le demande. Nous ne déposons pas les armes », a indiqué le porte-parole militaire des Forces nouvelles (FN), Seydou Ouattara, interrogé à Bouaké (centre), fief des FN.
La Côte d'Ivoire est en proie à une lutte pour le pouvoir depuis la présidentielle du 28 novembre, dont Alassane Ouattara a été reconnu vainqueur par la communauté internationale. Mais Laurent Gbagbo refuse de céder le pouvoir.
À Abidjan, des combats se sont poursuivis hier. Ces dernières semaines, la crise a tourné au conflit armé de grande ampleur entre les forces des deux camps à Abidjan et dans l'ouest du pays, enjambant la ligne de cessez-le-feu Nord-Sud mise en place depuis la fin de la guerre civile de 2002-2003. Jeudi, des tirs d'obus effectués par les forces de Gbagbo ont fait au moins 25 morts dans le quartier abidjanais d'Abobo, a rapporté l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci). L'un d'eux a atteint un marché bondé. « Il est assez difficile de ne pas arriver à la conclusion que cela peut constituer un crime international, un crime contre l'humanité », a déclaré à Genève Navi Pillay, haut-commissaire de l'ONU pour les Droits de l'homme. Les forces pro-Gbagbo nient être responsables de ces faits.
En France, des sources diplomatiques ont indiqué, hier, que Paris souhaitait voir le Conseil de sécurité de l'ONU adopter un nouveau train de sanctions contre Gbagbo. Masi hier, M. Gbagbo a aussi marqué un point à l'extérieur, la Cour de justice de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) ayant donné l'ordre aux 15 États membres de s'abstenir de l'usage de la force en Côte d'Ivoire, dans une décision provisoire en attendant un jugement sur le fond.
(Source : agences)

