Cet état des lieux nourrit les vives craintes dans les pays voisins comme la Russie ou la Chine. La Russie a signalé hier une légère hausse de la radioactivité dans ses régions extrême-orientales. L'armée russe a par ailleurs prévu de mobiliser les navires de la flotte du Pacifique et des avions militaires en cas d'évacuation de la population des îles Kouriles et de Sakhaline, qui disposent de moyens de transport limités. Le Premier ministre Vladimir Poutine a commandé une étude sur le secteur nucléaire dans le pays, alors qu'un expert russe affirmait que quatre centrales nucléaires russes étaient potentiellement dangereuses, dont deux se trouvent dans des zones sismiques actives.
En Chine, des messages catastrophistes étaient relayés sur Internet et par SMS, mais le ministère chinois des Affaires étrangères a assuré qu'aucun niveau anormal de radioactivité n'avait été détecté dans le pays.
Aux États-Unis, certains experts ont avancé que la radioactivité pourrait atteindre le territoire américain, en faisant référence au jet-stream, un courant d'air très rapide soufflant d'ouest en est. Une crainte balayée par les autorités qui estiment qu'à ce stade le pays ne risque pas grand-chose. « Les Américains doivent avoir toute confiance dans le fait que les États-Unis disposent de mesures de sécurité strictes » et que les constructeurs de centrales nucléaires « prennent clairement en compte des événements tels que des tsunamis (...) et des séismes », a dit le secrétaire américain à l'Énergie, Steven Chu, devant une commission de la Chambre des représentants.
La situation dramatique au Japon a également ravivé les craintes en Europe. Les pays de l'UE ont décidé d'effectuer sur leurs centrales des tests de résistance aux tremblements de terre, raz-de-marée et attaques terroristes. Face à l'inquiétude de l'opinion publique allemande, la chancelière Angela Merkel a annoncé l'arrêt pour trois mois des sept plus vieux réacteurs du pays. Elle a aussi suspendu, pour la même durée, l'extension de la durée de vie de l'ensemble des réacteurs, récemment décidée. La Suisse a de son côté suspendu ses projets de renouvellement de centrales nucléaires.
De nombreux pays étrangers ont déconseillé les voyages au Japon et recommandé à leurs ressortissants expatriés à Tokyo de partir vers le sud de l'archipel ou à l'étranger. Plusieurs grandes compagnies aériennes mondiales ont, par ailleurs, entrepris de réorienter, de réduire ou de supprimer leurs vols à destination du Japon, et en particulier de Tokyo, en raison des craintes de contamination nucléaire.
(Source : agences)

