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Culture - Exposition

Mohannad Orabi dans son laboratoire de couleurs

Mohannad Orabi expose des œuvres grand format à la galerie Ayyam*, jusqu'au 30 avril. Un travail frais et lumineux, couleur d'espoir et d'amour.

La mère et l’enfant revus par Mohannad Orabi.(Wissam Daou)

Pour l'artiste syrien Mohannad Orabi, l'espace pictural n'est pas seulement un laboratoire de couleurs et de formes, mais également un laboratoire d'émotions. Des émotions que l'artiste - qui a poursuivi des études de beaux-arts à Damas puis fait ses armes dans de nombreuses galeries étrangères - mélange avec des couleurs primaires pour les éclabousser sur ses toiles.
«All About Sama» en est l'illustration vivante. En effet, si ce travail porte le nom de son nouveau-né, une petite fille au nom signifiant trésor, ce n'est pas, selon lui, une exposition qu'il dédie à sa fille, mais plutôt un cadeau qu'elle-même lui a offert, en l'inspirant.

Sous la lumière
En observant de loin les toiles d'Orabi, elles sembleraient pour un instant familières. Des portraits d'individus, d'enfants, de couples ou de famille. Des photos fixes comme surgies du passé, de ce passé où l'on «posait» encore devant l'objectif. Mais à bien s'approcher de ces acryliques grand format, on ressentirait la vie qui y grouille. Les fonds en aplats bien léchés de couleur très pure («Je n'aime pas les couleurs hybrides», dit-il), sur lesquels l'artiste croque ses portraits tout en fioritures, ornements, arabesques ou même lignes, dessinent ce contraste évident entre le vide et le plein. Orabi avoue jouer sur l'agrandissement ou la minimalisation de l'un ou de l'autre. Les têtes humaines sont parfois surdimensionnées et semblent dévorer le fond, tandis que par ailleurs elles reprennent leurs dimensions normales pour se fondre dans l'atmosphère.
La composition pour cet artiste n'est pas seulement une question de juxtaposition de formes, mais également un jeu de lumières qui permettent une meilleure lecture des œuvres. En tissant son canevas et en accumulant les couches et les strates de couleurs, Mohannad Orabi rend le tissu de la toile semblable au tissu humain, où éclatent les émotions. Imbriqués l'un dans l'autre, s'enchevêtrant à loisir, ces filaments de peinture relient les personnages entre eux et illustrent les liens humains. À la manière des icônes (et comment ne pas s'en inspirer quand on est né dans ce berceau de l'art oriental?), Orabi peint les personnages de front, tout en évoquant le profil. Leurs yeux fermés traduisent des sensations diverses. L'artiste avoue que ces œuvres ne ressemblent pas aux précédentes. Il y baigne une sérénité et une joie de vivre qui font revivre les instants de joie vécus par l'artiste au moment du travail. Sa palette blanche et fraîche n'est plus tourmentée, mais sereine. Elle évoque la naïveté et l'innocence de l'enfance.
À travers un figuratif abstrait, Mohannad Orabi se sert de cette mise en scène de ses personnages pour exprimer des émois simples.

* Galerie Ayyam, Beirut Tower, centre-ville, rue Zeitouné. Tél. : 01/474450.
Pour l'artiste syrien Mohannad Orabi, l'espace pictural n'est pas seulement un laboratoire de couleurs et de formes, mais également un laboratoire d'émotions. Des émotions que l'artiste - qui a poursuivi des études de beaux-arts à Damas puis fait ses armes dans de nombreuses galeries étrangères - mélange avec des couleurs primaires pour les éclabousser sur ses toiles. «All About Sama» en est l'illustration vivante. En effet, si ce travail porte le nom de son nouveau-né, une petite fille au nom signifiant trésor, ce n'est pas, selon lui, une exposition qu'il dédie à sa fille, mais plutôt un cadeau qu'elle-même lui a offert, en l'inspirant. Sous la lumièreEn observant de loin les toiles d'Orabi, elles sembleraient pour un instant familières. Des portraits d'individus, d'enfants, de couples ou de famille. Des photos fixes...
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