Une image satellite du réacteur 3 de la centrale nucléaire de Fukushima après l’explosion d’hier.Digital Globe/Handout/Reuters
Un processus similaire s'est engagé autour du réacteur 2 mais une grosse explosion a été jugée improbable hier soir par le gouvernement.
« Il n'y a absolument aucune possibilité d'un Tchernobyl », a affirmé le ministre de la Stratégie nationale, Koichiro Genba, en s'appuyant sur les experts de l'Agence de sûreté nucléaire. L'accident de la centrale ukrainienne, en 1986, est considéré comme l'accident nucléaire le plus grave de l'histoire. Il a été évalué au niveau 7, le plus élevé, sur l'échelle des événements nucléaires et radiologiques (Ines), tandis que l'explosion survenue samedi à Fukushima a atteint le niveau 4.
« Les autorités japonaises travaillent aussi dur que possible, dans des circonstances extrêmement difficiles, pour stabiliser (la situation dans) les centrales nucléaires et assurer la sécurité », a déclaré hier le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) Yukiya Amano. « Les centrales nucléaires ont été secouées, inondées et privées d'électricité. Les opérateurs ont vécu des tragédies personnelles. Mais les réacteurs ont tenu et les rejets radioactifs sont limités », poursuit le diplomate japonais, précisant que Tokyo a sollicité l'envoi d'experts de l'agence.
Malgré les efforts du gouvernement japonais pour rassurer, le monde entier suit avec une inquiétude grandissante l'évolution d'une situation encore extrêmement mouvante et incertaine. Face à cette menace nucléaire et aux dizaines de répliques parfois violentes qui se succèdent sans interruption depuis le terrible séisme de vendredi dans le Nord-Est, de nombreux États ont recommandé la prudence à leurs ressortissants. La plupart des pays déconseillent de venir au Japon, notamment à Tokyo ou dans le Nord. Les femmes et les enfants sont encouragés à partir vers le sud de l'archipel ou bien à l'étranger.
Dans les zones dévastées par le séisme de magnitude 8,9 suivi du tsunami, les sauveteurs ont lancé « une course contre la montre désespérée pour sauver ceux qui pourraient être coincés sous les montagnes colossales de débris », a indiqué le porte-parole de la Croix-Rouge Patrick Fuller. Mais sans succès. Au contraire, ce sont environ 2 000 cadavres qui ont été retrouvés sur les côtes de la province de Miyagi.
Les autorités ont également déployé d'énormes moyens pour porter secours aux 590 000 personnes évacuées, soit qu'elles aient perdu leur logement, soit parce qu'elles habitaient dans un rayon de 20 km autour de la centrale.
« Nous manquons surtout d'eau potable. Mais aussi de vivres et d'informations », a témoigné Hiroshi Kameyama, le maire de la ville portuaire d'Ishinomaki, où les opérations de secours sont perturbées par les répliques et la crainte d'un nouveau tsunami.
Le Japon a mobilisé 100 000 soldats, soit 40 % des effectifs de son armée, tandis que des équipes de sauveteurs étrangers arrivaient du monde entier. L'ONU a dépêché sept responsables de la gestion des catastrophes dans les trois provinces affectées, qui travaillent en étroite coordination avec les Japonais. Des navires de guerre américains, dont le porte-avions Ronald Reagan, participent aux opérations. Une équipe sud-coréenne de 102 personnes est partie hier pour le Japon à bord de trois avions-cargos C-130.
La Chine a également proposé son aide au Japon. Le Premier ministre Wen Jiabao a souligné que le Japon avait participé aux secours lors du tremblement de terre de 2008 dans le Sichuan qui avait fait plus de 80 000 morts.
(Source : agences)


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