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Moyen Orient et Monde - Contestation

Bahreïn fait appel aux soldats saoudiens

L'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont dépêché hier des contingents militaires à Bahreïn, ces soldats faisant partie de la force commune du Conseil de coopération du Golfe (CCG), appelée « Bouclier de la péninsule ». L'opposition chiite a immédiatement crié à la « déclaration de guerre ».

Plus d’un millier de soldats saoudiens sont déjà arrivés à Bahreïn. Reuters/Bahrain state TV via Reuters TV

Plus d'un millier de soldats saoudiens sont déjà arrivés à Bahreïn, selon un responsable saoudien hier, sous couvert d'anonymat. La télévision d'État a diffusé des images montrant « l'avant-garde » d'un contingent de la force commune des pays du Golfe en train d'entrer à Bahreïn en provenance d'Arabie saoudite. Riyad a indiqué avoir « répondu à une demande de soutien de Bahreïn », dans un communiqué du gouvernement, qui indique réagir à une menace sur la sécurité. Les Émirats arabes unis ont également envoyé un demi-millier de policiers, pour « contribuer à préserver l'ordre et la stabilité », a déclaré le ministre émirati des Affaires étrangères.
Les soldats font partie de la force commune du Conseil de coopération du Golfe (CCG), appelée « Bouclier de la Péninsule », mise en place en 1984. Toute force du CCG déployée dans un pays membre « passe sous l'autorité du pays hôte », a souligné un responsable saoudien sous couvert d'anonymat, laissant entendre qu'il revient à Bahreïn de décider ou non de la faire participer au maintien de l'ordre.
L'opposition bahreïnie conduite par les chiites a crié à l'« occupation étrangère ». « Le peuple de Bahreïn fait face à un réel danger, celui d'une guerre contre les citoyens bahreïnis sans déclaration de guerre », ont souligné les sept composantes de l'opposition, dont le Wefaq chiite, dans un communiqué. « Nous considérons l'entrée de tout soldat, de tout véhicule militaire dans les espaces terrestre, aérien ou maritime du royaume de Bahreïn comme une occupation flagrante, un complot contre le peuple de Bahreïn désarmé et une violation des (...) conventions internationales », a ajouté l'opposition. Dans son communiqué, l'opposition a appelé la communauté internationale à « protéger le peuple de Bahreïn du danger d'une intervention militaire » et à « convoquer pour cela le Conseil de sécurité » de l'ONU.
Dans la soirée, un communiqué officiel a indiqué que « les forces du Bouclier de la Péninsule sont arrivées à Bahreïn (...) pour aider à protéger la sécurité des citoyens, des habitants et des infrastructures. La Force de défense de Bahreïn appelle tous les citoyens et les habitants à coopérer entièrement et à bien accueillir les forces du Bouclier de la Péninsule ».
Ce déploiement intervient après une intensification de la mobilisation de manifestants chiites qui bloquaient hier les accès du centre de Manama, où se trouvent le quartier des affaires et des bâtiments publics. La ville est quasiment paralysée par une grève générale lancée à l'appel des syndicats pour protester contre la répression de manifestations. Dimanche, les manifestants avaient été dispersés par la police devant le district financier de Bahreïn, centre bancaire régional et archipel stratégique qui accueille la Ve Flotte américaine.
La présidence américaine a appelé les pays du Golfe à « faire preuve de retenue, à respecter les droits des Bahreïnis et à agir de manière à soutenir le dialogue au lieu de le saper ». Le ministre iranien des Affaires étrangères, Ali Akbar Salehi, a demandé de son côté au gouvernement de ne pas utiliser la « violence » contre les manifestants antigouvernementaux, a rapporté l'agence FARS. « Nous attendons du gouvernement de Bahreïn qu'il réponde avec sagesse aux demandes de la population et respecte ses droits », a-t-il ajouté.
Bahreïn est relié par un pont-digue à l'est de l'Arabie saoudite, chef de file du CCG, groupement des monarchies arabes du Golfe dont fait partie Bahreïn et qui comprend aussi les Émirats arabes unis, le Qatar, Oman et le Koweït. Le CCG a exprimé plus d'une fois sa solidarité avec les autorités bahreïnies qui font face à une contestation grandissante depuis mi-février. Il a décidé le 10 mars de créer un fonds de développement de 20 milliards de dollars pour aider Bahreïn et Oman, autre pays en proie à des manifestations.
(Source : agences)
Plus d'un millier de soldats saoudiens sont déjà arrivés à Bahreïn, selon un responsable saoudien hier, sous couvert d'anonymat. La télévision d'État a diffusé des images montrant « l'avant-garde » d'un contingent de la force commune des pays du Golfe en train d'entrer à Bahreïn en provenance d'Arabie saoudite. Riyad a indiqué avoir « répondu à une demande de soutien de Bahreïn », dans un communiqué du gouvernement, qui indique réagir à une menace sur la sécurité. Les Émirats arabes unis ont également envoyé un demi-millier de policiers, pour « contribuer à préserver l'ordre et la stabilité », a déclaré le ministre émirati des Affaires étrangères.Les soldats font partie de la force commune du Conseil de coopération du Golfe (CCG), appelée « Bouclier de la Péninsule », mise en place en...
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