Un projet de jeu toujours aussi flou
Le rugby proposé par les Bleus n'a jamais été aussi triste. Perméable défensivement en début de tournoi, l'équipe de France fait preuve d'une pauvreté considérable dans son animation offensive depuis des mois. Peu de franchissement, une alternance réduite, une redistribution défaillante, des combinaisons stériles, un manque d'inventivité flagrant... Et voilà comment le XV de France bute la plupart du temps sur les défenses adverses. Les intéressés prônent une incompréhension autour du plan de jeu. « Il existe sûrement des choses qui sont encore mal comprises ou pas assimilées, reconnaît Clerc. Pour intégrer, il faut du temps. » Marc Lièvremont, lui, pointe les joueurs après l'Italie : « Cela dépassait l'entendement. Je ne me suis pas reconnu dans leur prestation. Vous croyez que c'est ce qu'ils ont fait contre l'Italie que je leur demande ? J'en ai honte. Ce match était une hallucination. Je ne veux pas me dédouaner, mais ils inventent des choses sur le terrain. » Le fameux carnet de jeu distribué en début de compétition à chacun n'a donc pas servi à grand-chose...
Des ressources insuffisantes
Dominés dans tous les secteurs à Flaminio, les Bleus ont beaucoup subi. Notamment physiquement. Et pourtant, ils ont mené jusqu'à 18-6 dans le second acte avant de se faire renverser par le rouleau compresseur italien. Comment est-ce possible ? Mais parce que, outre son manque d'engagement et d'investissement, cette équipe a évolué sans des valeurs essentielles au niveau international : combat, rigueur, envie, solidarité... Et peut-être fierté aussi ! Chacun le reconnaissait samedi soir.
Il n'empêche que les Français ont complètement baissé les bras et démissionné à Rome. « L'explication est avant tout mentale. Il y a un parallèle entre l'Australie en novembre et l'Italie sur le plan de la faillite mentale en fin de match. On doit grandir et mûrir à ce niveau », confirme Julien Bonnaire. Certes, mais aujourd'hui, l'équipe de France ne possède clairement pas les ressources pour se faire violence, réaliser un exploit ou tout simplement être à l'abri d'un naufrage.
L'éternelle attente d'une réaction d'orgueil
Le scénario se répète. À l'été dernier, après les corrections subies en Afrique du Sud et en Argentine, on attendait des Bleus qu'ils montrent un autre visage en novembre.
Après le cataclysme du revers face à l'Australie au stade de France, on attendait du XV de France qu'il réagisse lors de ce tournoi 2011.
Et maintenant, au lendemain d'une défaite humiliante en Italie, on attend quoi ? « Il est impossible de classer les déceptions en équipe de France. Il commence à y en avoir tellement », soufflait Lièvremont.
« La victoire est indispensable contre le pays de Galles », explique Clerc. « Il faut au moins une prestation honorable. On ne peut pas espérer plus.
On va juste attendre une réaction d'orgueil. Encore une fois », répond Lièvremont.
Car le tournoi est déjà largement gâché. Démuni, le sélectionneur, qui avait annoncé avoir fermé son groupe, a effectué six changements, certainement dans l'espoir de créer un électrochoc. À coup sûr son ultime cartouche.

