La foule a défilé à travers la ville, agitant des drapeaux palestiniens et scandant "Le peuple veut la fin de la division", en référence à l'antagonisme vivace entre le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, et le Fatah du président Mahmoud Abbas basé en Cisjordanie.
Beaucoup de manifestants étaient munis de tentes et de matelas, d'autres installaient des fontaines d'eau, avec l'intention de passer la nuit sur la place du Soldat inconnu, jusqu'au début officiel de la manifestation mardi, a constaté un correspondant de l'AFP.
"Nous commençons notre sit-in maintenant", a déclaré à l'AFP l'un des organisateurs, Ahmad Arar.
"Abbas, Haniyeh, nous voulons l'unité nationale", disaient certaines pancartes, et d'autres: "Nous ne retournerons pas chez nous avant la fin de la division".
De plus en plus de personnes arrivaient sur le sit-in où régnait une ambiance de kermesse, les jeunes chantant et scandant des slogans et des haut-parleurs diffusant des chansons populaires.
Selon des militants, la décision d'avancer de 24 heures la manifestation a été prise par peur que les forces de sécurité du Hamas ne ferment la place ou ne bloquent les routes afin d'empêcher les rassemblements de mardi.
Plusieurs groupes ont récemment appelé à de grandes manifestations pour "l'unité" le 15 mars à Gaza, en Cisjordanie et dans les camps de réfugiés palestiniens à l'étranger.
Selon Samah al-Rawah, un autre organisateur, la décision de commencer plus tôt le rassemblement découle du refus des autorités de Gaza d'autoriser la manifestation du 15.
Plus tôt lundi, le chef du gouvernement Hamas, Ismaïl Haniyeh, a pourtant ordonné au ministère de l'Intérieur à Gaza de ne pas empêcher la marche, selon un communiqué de son bureau.
M. Haniyeh "soutient tous les efforts des jeunes et des factions dont le but est de faire cesser la division et de protéger (...) l'unité nationale de notre peuple".
Il a donné ordre à son ministère de s'assurer que les forces de sécurité "créent une atmosphère qui puisse faire que ces évènements publics soient une réussite".
Dans un communiqué, les forces de sécurité du Hamas ont assuré qu'elles "allaient tout faire pour protéger ces nobles buts et continuer à maintenir le cap national et éloigner la population de la partialité haineuse de ceux qui veulent empoisonner l'atmosphère".
Inspirés par le soulèvement populaire en Egypte, plusieurs milliers de jeunes Palestiniens se sont regroupés ces dernières semaines sur les réseaux sociaux Facebook et Twitter afin de lancer des appels au "changement" et à l'unité politique des factions palestiniennes.
Vendredi, plusieurs milliers de Palestiniens s'étaient rassemblés à Gaza à l'appel du mouvement islamiste Hamas et d'autres factions pour appeler à "la fin aux divisions" avec le Fatah.
Le Fatah et le Hamas sont à couteaux tirés depuis que ce dernier a pris le contrôle de Gaza après en avoir chassé les forces loyales au président Mahmoud Abbas.


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