Signe de cette tension, des manifestants ont coupé dans la soirée de nombreuses routes et les commerces ont abaissé leurs rideaux de fer dans le centre de Manama, d'habitude animé. Des dizaines de personnes ont été hospitalisées après des tirs de gaz lacrymogènes de la police hier à Manama sur des manifestants, dont certains tentaient de bloquer l'accès au district financier. C'est la première fois depuis le 19 février que la police intervient contre de manifestants qui campent sur la place de la Perle pour réclamer des réformes à Bahreïn. L'Union générale des syndicats de travailleurs de Bahreïn a lancé un appel à la grève générale, qualifiant la dispersion des manifestants de « violation des droits de l'homme » et appelant le gouvernement à « parvenir au plus tôt à des solutions radicales avec les forces politiques, pour sauver le pays ».
Dans ce climat de tension, le prince héritier Salman ben Hamad al-Khalifa a accepté hier soir que le dialogue avec l'opposition porte « sur un Parlement aux pleins pouvoirs » et sur « un gouvernement qui représente la volonté du peuple ». Le prince héritier a été chargé par le roi Hamad ben Issa al-Khalifa d'entamer le dialogue avec les opposants mais le puissant mouvement chiite Wefaq y a posé des conditions, dont la démission du gouvernement. Le roi, lui, a souhaité voir « toutes les parties s'asseoir rapidement autour de la table de dialogue national, avec des intentions sincères, pour arriver à un consensus » sur les moyens de sortir le royaume de sa crise, a rapporté l'agence officielle BNA.
Les États-Unis ont « fermement » condamné les violences et exhorté « le gouvernement de Bahreïn à mener un dialogue pacifique et constructif avec l'opposition plutôt qu'à recourir à la force », a déclaré le porte-parole de la Maison-Blanche, Jay Carney. Par ailleurs, le secrétaire US à la Défense, Robert Gates, a estimé que le régime de Bahreïn devrait adopter rapidement des réformes importantes sous peine de voir l'Iran intervenir dans sa politique interne.
(source : AFP)

