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Moyen Orient et Monde - Chine

Les Tibétains confrontés à l’avenir de leur mouvement après le dalaï-lama

Pékin veut avoir le dernier mot dans le choix du successeur de « Sa Sainteté ».
La décision du dalaï-lama d'abandonner sa fonction de chef du gouvernement tibétain en exil oblige ses partisans à s'interroger sur l'avenir du mouvement tibétain après la mort de celui qui incarne depuis des décennies la lutte pour leur cause.
Pour Tashi Dolma, étudiant de 21 ans qui manifestait jeudi à New Delhi pour le « Tibet libre », l'annonce de « Sa Sainteté » fait partie d'un projet à long terme pour la démocratie et le renouvellement des dirigeants. « En tant que jeune, j'ai l'impression que c'est le bon moment pour le dalaï-lama de se retirer, considérait-il, interrogé par l'AFP. Il a une vision à long terme et c'est maintenant aux jeunes de prendre la responsabilité (du mouvement) et de le faire avancer. »
Tenzin Dhondup, producteur de films de 32 ans résidant à Dharamsala (Nord), estimait, lui, que le fait que le dalaï-lama - considéré à la fois comme un dieu et un roi par ses partisans - n'était pas éternel était finalement « un appel au réveil de tous les Tibétains ». « Nous voulons qu'il reste pour toujours, mais concrètement parlant, ce n'est pas possible. Un jour ou l'autre, quelqu'un devra assumer son rôle », reconnaît-il.
Le chef spirituel des Tibétains, âgé de 75 ans, a trouvé refuge en Inde après avoir fui la Chine voici plus de 50 ans et il a réussi depuis à attirer l'attention du monde entier sur la répression de l'administration chinoise dont s'estiment victimes les Tibétains.
Ses demandes pour une autonomie du Tibet n'ont pas abouti, mais il incarne à lui seul la figure de la lutte, en même temps que l'ami de célébrités occidentales et l'hôte des dirigeants aux États-Unis et en Europe.
L'idée du dalaï-lama est de transmettre le pouvoir à un Premier ministre nouvellement élu qui sera choisi le 20 mars au cours d'un vote soumis aux 200 000 membres de la communauté en exil. Le nouveau Premier ministre bénéficiera d'une position en vue, mais selon les analystes, le changement ne devrait être que symbolique.
Le problème à long terme est de savoir si les futurs dirigeants du mouvement tibétain, à savoir le successeur du dalaï-lama et le nouveau Premier ministre, auront les contacts, le profil et l'influence requis pour faire valoir la cause de leur peuple.
Parmi les modérés du mouvement, l'objectif est la garantie des libertés politiques et culturelles et l'autonomie du Tibet, tandis que les plus radicaux militent pour une indépendance totale vis-à-vis de la Chine.
« Le problème pour le Premier ministre, quel qu'il soit, c'est qu'il aura par rapport au dalaï-lama une modeste reconnaissance en dehors des cercles tibétains spécialisés », juge Barry Sautman, un expert du Tibet à l'Université des sciences et technologies de Hong Kong.
La communauté en exil est en outre engagée dans une lutte difficile avec Pékin concernant le choix du futur dalaï-lama.
Le titre est transmis via un processus complexe au cours duquel des moines de haut rang choisissent un enfant censé être la réincarnation de l'ancien détenteur de la fonction. La Chine a déjà prévenu qu'elle voulait avoir le dernier mot dans le choix du successeur.
Le dalaï-lama a suggéré plusieurs façons de le remplacer, soit par un vote, soit par le principe de la réincarnation (garçon ou fille né/née hors de Chine). Mais il a aussi dit que le titre pouvait être abandonné, ce qui mettrait fin à une tradition vieille de 600 ans.
De nombreux observateurs estiment que le lama karmapa, âgé de 26 ans et l'un des moines les plus importants dans le bouddhisme tibétain, pourrait avoir les capacités, au moins temporaires, de combler le vide que laissera le dalaï-lama à sa mort.
(Source : AFP)
La décision du dalaï-lama d'abandonner sa fonction de chef du gouvernement tibétain en exil oblige ses partisans à s'interroger sur l'avenir du mouvement tibétain après la mort de celui qui incarne depuis des décennies la lutte pour leur cause.Pour Tashi Dolma, étudiant de 21 ans qui manifestait jeudi à New Delhi pour le « Tibet libre », l'annonce de « Sa Sainteté » fait partie d'un projet à long terme pour la démocratie et le renouvellement des dirigeants. « En tant que jeune, j'ai l'impression que c'est le bon moment pour le dalaï-lama de se retirer, considérait-il, interrogé par l'AFP. Il a une vision à long terme et c'est maintenant aux jeunes de prendre la responsabilité (du mouvement) et de le faire avancer. »Tenzin Dhondup, producteur de films de 32 ans résidant à Dharamsala (Nord), estimait, lui,...
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