Entre le vice-président américain Joe Biden et le Premier ministre russe Vladimir Poutine, une poignée de main qui illustre les relations « nouvelles » entre Moscou et Washington. Alexander Natruskin/Reuters
Cette proposition inédite de Vladimir Poutine a provoqué la surprise. La Russie est engagée depuis des années dans des négociations avec l'Union européenne sur ce thème, sans pourtant parvenir à de véritables résultats. « Cela briserait tous les vieux stéréotypes entre la Russie et les États-Unis », a ajouté le Premier ministre russe. Les relations entre les deux anciens ennemis de la guerre froide restent en effet marquées par des échanges d'espions, comme celui, en juillet, de dix agents russes arrêtés le mois précédent aux États-Unis au lendemain d'une visite du président Dmitri Medvedev.
Avant sa rencontre avec Vladimir Poutine, Joe Biden avait rencontré des défenseurs russes des droits de l'homme, auxquels il a, selon des participants, témoigné du soutien de Washington. Il devait également rencontrer des chefs de file de l'opposition libérale comme l'ancien vice-Premier ministre Boris Nemtsov et l'ex-champion du monde d'échecs Garry Kasparov. En outre, M. Biden avait apporté la veille un soutien inédit au chef de l'État russe, qui affiche une ligne plus libérale que son prédécesseur et influent Premier ministre, saluant ouvertement sa politique. Des commentaires de presse avaient indiqué que la visite de M. Biden avait notamment pour objectif d'apporter l'appui des États-Unis au président Medvedev et de l'encourager à se présenter à la présidentielle de 2012 à la place de Vladimir Poutine.
Hier, les discussions de M. Biden avec M. Poutine ont porté sur la coopération économique dans le cadre de la relance des relations bilatérales entamée par le Kremlin avec le président américain Barack Obama, après des années de relations difficiles sous le règne du républicain George W. Bush. MM. Biden et Medvedev ont tous deux reconnu la veille que Moscou et Washington pouvaient davantage renforcer leur coopération économique. La « relance » est en marche concernant la réduction du nombre des armes ou l'Afghanistan, mais « nous pouvons faire plus dans le domaine du commerce et des investissements bilatéraux », avait déclaré M. Biden.
Les deux pays ont ratifié ces derniers mois le nouveau traité de désarmement nucléaire Start, signé le 8 avril 2010 par Dmitri Medvedev et Barack Obama après de longues négociations. Mais des divergences apparaissent régulièrement entre les deux pays, la dernière en date concernant la Libye, où la Russie, sans écarter totalement la possibilité d'une zone d'exclusion aérienne, a souligné qu'elle rejetait toute ingérence militaire.
(Source : AFP)

