Michèle Alliot-Marie, ex-ministre française des Affaires étrangères, le 12 janvier à l'Assemblée nationale (deux jours avant la fuite de Ben Ali) :
« On ne peut que déplorer des violences concernant des peuples amis. Pour autant, je rappelle que cela montre le bien-fondé de la politique que nous voulons mener quand nous proposons que le savoir-faire de nos forces de sécurité, qui est reconnu dans le monde entier, permette de régler des situations sécuritaires de ce type. »
Revu et corrigé par le porte-parole du ministère des AE : « Aujourd'hui, face à cette situation, la priorité doit aller à l'apaisement après des affrontements qui ont fait des morts. (...) (La France demande) que le droit de manifester soit assuré de même que la sécurité. »
Zone d'exclusion aérienne
David Cameron, Premier ministre britannique conservateur à la Chambre des communes, le 28 février : « Nous n'excluons en aucune manière l'utilisation de la force, nous ne devons pas tolérer que ce régime utilise la force militaire contre son propre peuple. Dans ce contexte, j'ai demandé au ministre de la Défense et au chef d'état-major de travailler avec les alliés militaires du Royaume-Uni sur un plan pour la mise en place d'une zone d'exclusion aérienne. »
Tommy Vietor, porte-parole d'Obama : « Nous croyons qu'il est prématuré de prendre des décisions de ce genre. »
Richard Ottaway, président du comité pour les AE à la Chambre des communes, le conservateur : « Une zone d'exclusion aérienne serait très difficile à mettre en vigueur. »
Seif al-Islam, au sujet de Cameron : « Tout le monde rêve d'être un héros aux yeux de l'histoire. »
Robert Gates, secrétaire américain à la Défense : « Toute action quelle qu'elle soit doit être, avant même d'être entreprise, le résultat d'une autorisation internationale. »
Catherine Ashton, chef de la diplomatie européenne : « C'est aux États de prendre la décision. »
James Bond
Il y a quelques jours, un hélicoptère atterrissait, sans avoir demandé d'autorisation préalable aux autorités locales, dans un champ à Soulouk, bourgade aux portes de Benghazi. Les huit personnes à son bord, un diplomate britannique et sept membres des forces spéciales S.A.S., étaient immédiatement arrêtées par des paysans et remises aux dirigeants de l'insurrection libyenne.
Conversation téléphonique, suite à ces arrestations, entre Richard Northern, ambassadeur britannique en Libye, et un porte-parole de Moustapha Abdel Jalil, ancien ministre de la Justice devenu président du Conseil national libyen, instance dirigeante de l'insurrection.
Northern : « Nous avons planifié d'envoyer des officiels à Benghazi pour entrer en liaison avec vous, avec le Conseil national, mais aussi pour jeter un œil sur la situation humanitaire et voir si nous pouvons vous fournir des médicaments ou de la nourriture pour aider les gens. Nous avons envoyé aujourd'hui, en avance de ces officiels qui vont venir, une petite équipe simplement pour voir s'il y avait un hôtel, si tout fonctionnait, s'il y avait un endroit où ils pourraient rester et travailler quand nous enverrons notre groupe organisé. Et il me semble qu'il y a eu un malentendu et qu'ils ont été arrêtés. J'espérais demander à M. Jalil s'il pourrait intervenir pour nous aider à clarifier ce malentendu (...). »
Porte-parole de l'opposition libyenne : « J'ai parlé à M. Jalil de ces personnes et nous avons contacté Benghazi. En fait, ils ont fait une grosse erreur en venant en hélicoptère dans un espace découvert. »
Northern : « Oh, ils ont fait ça ? Je ne savais pas comment ils étaient venus. »
Porte-parole de l'opposition : « Oui, avec un hélicoptère dans un espace découvert. Les gens, ils ont remarqué que des personnes arrivaient. »
Northern : « Oh, je ne suis pas surpris qu'ils aient été alarmés. »
William Hague, chef de la diplomatie britannique : « Une petite équipe diplomatique » est allée à Benghazi « pour établir des contacts avec l'opposition », mais « elle a rencontré des problèmes ».
Kadhafi
Hague, le 21 février : « Vous m'avez demandé tout à l'heure si le colonel Kadhafi est au Venezuela. Je n'ai pas d'informations affirmant qu'il s'y trouve, mais j'ai eu vent d'informations qui laissent penser qu'il est en route vers là-bas en ce moment. »
Berlusconi sur Kadhafi, le 19 février : « Je ne l'ai pas entendu. La situation évolue et donc je ne me permets pas de déranger qui que ce soit. »
Le 21 février : « Le président (du Conseil) Berlusconi est préoccupé par l'aggravation des affrontements et par l'usage inacceptable de la violence contre la population civile. »
Fiction ?
« - Nous avons besoin de vous sur place. Un expert. Un spécialiste du monde arabo-musulman.
- Arabo... ?
- ... Musulman. Cherchez ce qu'avait découvert Jefferson et trouvez qui l'a tué.
- Comptez sur moi.
- Profitez-en pour me calmer tout ce petit monde. Américains, Soviétiques, Anglais. Confortez les positions de la France, instaurez la paix en Égypte, sécurisez le Proche-Orient.
- Pas de problème. »
OSS 117 : Le Caire nid d'espions (film français, 2006), conversation entre Armand Lesignac et l'agent secret OSS 117.

