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Culture - Spectacle

Les conteurs, ces magiciens du verbe

Coup d'envoi, avec verve, poésie, humour et un certain sens de la musicalité et de la magie du verbe pour le douzième Festival international du conte et du monodrame à la petite salle de la crypte de l'église Saint-Joseph (USJ). Sous la flaque de lumière, pour entretenir la permanence du rêve et le plaisir d'un voyage sur le tapis volant des mots, deux conteurs impénitents, intarissables et talentueux : Jihad Darwiche et Laurent Daycard.

Jihad Darwiche, timbre argenté et accent méridional marqué...

Public clairsemé, avec beaucoup de jeunes, pour une soirée de conteurs. Comme autrefois, quand la pluie tambourinait sur les toits et le vent mugissait entre les arbres. Et que les mots crépitaient comme des sarments dans l'âtre.
Ils sont là ces incorrigibles, ces incurables conteurs avec leur baluchon de mots et d'histoires de tous crins, de tout bout d'azur, de toute vague de la mer, de tout flocon de neige, de toute intermittence de cœur, de tout fil de nuage qui passe ou qui reste suspendu dans l'air.
Ils content, racontent, fabulent, inventent, sans se lasser et sans lasser une audience tout ouïe à ce flot de mots et de vocables charriant d'innombrables histoires et images pour traverser, comme une lanterne magique, les frontières du monde et de l'imaginaire.
Tout d'abord cette brochette de cinq petites filles, à peine hautes comme trois pommes et qui se sont succédé, avec beaucoup d'aplomb et de présence, pour parler des impondérables de la vie en termes d'historiettes amusantes, cocasses et
instructives.
De charmantes jeunes conteuses amatrices qui s'entretiennent, en toute éloquence, sans se départir de la volonté de faire rire, d'amuser et d'instruire, de la pauvreté, de l'avarice, de la guerre chez les singes, d'un diable qui a opté d'être gentil, de la méchanceté d'un chat insatiablement goulu.
Distributions de prix, petits cadeaux et applaudissements pour ces talents en herbe qui ont fait scintiller les mots d'un éclat neuf. Un éclat qui a toutes les délicieuses et touchantes maîtrises et maladresses de la prime enfance.
Pieds nus, cheveux sel et poivre en une crinière ébouriffée, Jihad Darwiche, fondateur de cet événement voué aux «hakawati» de tous horizons, est là. Il est là avec sa voix au timbre argenté et son accent méridional marqué et guttural pour un français quand même impeccablement grasseyé.
Clin d'œil au public en parlant du printemps qui souffle sur le monde arabe et hommage aux filles d'Ève en plaçant la soirée d'emblée sous le signe de la Journée pour la femme. Et s'égrènent en douceur, avec un subtil parfum de l'Orient mirifique, quelques savoureuses et captivantes histoires (bien sûr très surréalistes) où un coquillage cadence le rythme du vent, où un perroquet a la sagesse de la relativité et le péremptoire goût de la liberté, où un tigre fait la cour à une souris, où abondent les malentendus des malentendants, où Schéhérazade survit, en toute intelligence féminine, à la tyrannie d'un prince grâce à ce que la nuit murmure au jour.
Comme une poire coupée en deux, la scène a aussi toutes les faveurs de la présence de Laurent Daycard. Jeans clair, chemisette bleu marine, botte d'hiver en feutre, cheveux noirs longs noués au dos, voix ensoleillée de Marseille et intonations graves, voilà le conteur de la ville de Marius à visage découvert et mots sertis de brillants.
D'un crapaud amoureux d'une tortue (ils découvrent ensemble les beautés du désert!) à ce conte fabuleux de la Belle et l'ours (Sylvie Germain aurait sans doute adoré ce conte aux images si romantiques, riches et retentissantes), le fil de la narration est constamment soutenu et prenant. Art de jongler avec les mots certes, mais aussi art de garder la curiosité du spectateur éveillée à travers le rythme d'une trame distillée avec finesse et doigté. Doigté aussi pour pincer les cordes de cet instrument de musique aux notes aigrelettes comme celles d'un banjo accompagnant comme un trouvère de jadis les nœuds et rebondissements d'une histoire belle comme un somptueux livre d'images.
Plus de deux heures et demie où les mots avaient le vent en poupe face à la pluie à l'extérieur qui n'a pas cessé de s'écraser sur les dalles et les escaliers devant l'église... Le temps ici n'a pas de prise. Ni sur les murs ni sur l'audience et encore moins sur les conteurs juchés en toute volupté et toute simplicité au haut de leur talus de mots scintillants comme un trésor dans une caverne dont on n'a pas fini de découvrir les ressources et les beautés...
Public clairsemé, avec beaucoup de jeunes, pour une soirée de conteurs. Comme autrefois, quand la pluie tambourinait sur les toits et le vent mugissait entre les arbres. Et que les mots crépitaient comme des sarments dans l'âtre.Ils sont là ces incorrigibles, ces incurables conteurs avec leur baluchon de mots et d'histoires de tous crins, de tout bout d'azur, de toute vague de la mer, de tout flocon de neige, de toute intermittence de cœur, de tout fil de nuage qui passe ou qui reste suspendu dans l'air.Ils content, racontent, fabulent, inventent, sans se lasser et sans lasser une audience tout ouïe à ce flot de mots et de vocables charriant d'innombrables histoires et images pour traverser, comme une lanterne magique, les frontières du monde et de l'imaginaire.Tout d'abord cette brochette de cinq petites filles, à peine hautes...
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