Le spectacle offert par l’école de samba Uniao da Ilha.Vanderlei Almeida/AFP
« Mission accomplie ! Nous avons fait une reconstruction victorieuse », a déclaré, après le passage de l'école, Caê Rodrigues, metteur en scène du défilé. « Je dédie cette victoire à toute la communauté de Duque de Caxias », la ville de banlieue qui est le berceau de l'école, a ajouté Caê.
« C'est le carnaval du dépassement de soi et de la solidarité. Cela fait dix ans que je défile, mais je suis plus émue que jamais », a déclaré à l'AFP Simone Suares, une reine de beauté en minibikini bleu à paillettes et coiffe de plumes.
Grande Rio, l'école la plus touchée par l'incendie, qui a dû repartir de zéro et refaire en un mois le travail de toute une année, a exalté les beautés de l'île de Florianopolis, la capitale de l'État de Santa Catarina (sud su Brésil).
Elle a compté sur la présence de Gustavo Kuerten, ex-champion du monde de tennis, originaire Florianopolis, et son défilé a été ouvert par une autre personnalité, le footballeur vedette Ronaldo Gaucho. Plus de deux cents artisans de l'école (couturières, charpentiers, peintres, forgerons, etc.) ont tous défilé, symbolisant l'effort collectif réalisé pour remettre l'école sur pied.
Au cours des deux dernières nuits, les douze meilleures écoles de samba de Rio se sont disputé le titre convoité de « championne du carnaval », une véritable compétition suivie avec la même passion que les grands matchs de football.
Exceptionnellement cette année, Portela, qui a défilé dimanche, Uniao da Ilha et Grande Rio ne seront pas notées pour ne pas courir le risque d'être rabaissées au niveau des écoles qui n'auront plus le droit de défiler sur le Sambodrome l'année prochaine. Uniao da Ilha qui a donné le coup d'envoi aux défilés lundi avait pour thème « l'origine de la vie » à partir des thèses de Charles Darwin. Elle a été suivie de Salgueiro dont le sujet choisi, « Rio dans le cinéma », a transformé l'avenue de 700 mètres du Sambodrome en véritable scène de tournage.
Mocidade, la troisième école à défiler, a présenté l'histoire des fêtes liées à l'agriculture dans un pays considéré comme un « grenier du monde ». L'école de Porto da Pedra a rendu hommage à la dramaturge Maria Clara Machado.
La célèbre Beija-Flor a clos la dernière nuit des spectaculaires défilés pendant que la pluie accordait une trêve aux danseurs en rendant hommage au chanteur Roberto Carlos, baptisé au Brésil « le roi » de la musique populaire et romantique.
La ville va vivre dans l'inquiétude jusqu'à l'annonce mercredi de la décision des juges qui notent chaque défilé sur la base de dix critères très stricts (chars, costumes, rythme, percussions, etc).

