"Beaucoup de sujets ont été discutés ce matin, la zone d'exclusion aérienne était l'une de ces questions", a expliqué à la presse le sous-secrétaire général Lynn Pascoe. /
"Il y a eu une discussion très sérieuse, très interactive sur les différentes questions que cela soulève, de même que sur le rôle du Conseil et le rôle du secrétariat général (de l'ONU)", a-t-il ajouté.
Un certain scepticisme s'exprimait mardi dans les milieux diplomatiques sur la possibilité de déposer rapidement un projet de résolution prévoyant une zone d'exclusion aérienne.
"Nous examinons toutes les options en fonction de la situation sur le terrain. Nous sommes dans une phase de réflexion", a souligné un diplomate du Conseil.
Tandis que le débat sur une zone d'exclusion aérienne se poursuivait, ses partisans soulignaient qu'elle ne serait appliquée que si la situation des civils était suffisamment grave.
"C'est un projet d'urgence", a expliqué un diplomate britannique sous couvert d'anonymat. "Nous voulons être sûrs que si le déclencheur est là, nos serons en position d'agir rapidement".
Aucune proposition formelle de texte n'a encore été faite, mais les discussions continuent entre les quinze Etats du Conseil de sécurité, ont indiqué des diplomates.
"Nous étudions toutes les options avec nos partenaires pour la protection des civils en Libye. Et une zone d'exclusion aérienne est l'une des options", a souligné l'ambassadeur français à l'ONU, Gérard Araud, devant les journalistes.
La Russie et la Chine, deux pays membres permanents du Conseil disposant du droit de veto, devraient conduire l'opposition à toute action militaire pour contrer la répression sanglante menée par le régime du colonel Mouammar Kadhafi.
Or l'imposition d'une zone d'exclusion aérienne est un acte de guerre, souligne un diplomate.
Des doutes ont également été exprimés par d'autres pays.
"C'est une question difficile qui est source d'inquiétude pour nous", a expliqué l'ambassadeur d'Afrique du Sud Baso Sanqu, soulignant qu'aucun projet de résolution n'avait encore été envoyé aux missions au Conseil.
L'ambassadeur allemand Peter Wittig a confirmé que son pays voulait aussi voir si les sanctions déjà adoptées contre le régime Kadhafi pouvaient être "améliorées".
Le 26 février, le Conseil de sécurité a adopté une résolution à l'unanimité imposant une interdiction de voyager et un gel de leurs avoirs au colonel Kadhafi et à quinze membres de sa famille et de son entourage, de même qu'une enquête pour crimes contre l'humanité et un embargo sur les armes.


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