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Moyen Orient et Monde - Contestation

Les gardes communaux bravent le pouvoir algérien

À cinq reprises, l'opposition algérienne aura tenté, depuis le 22 janvier, de manifester dans les rues. À cinq reprises, elle en aura été empêchée. Hier, entre 10 000 et 20 000 gardes communaux ont fait tomber les barrages. Bravant l'interdiction de manifester, ces hommes ont réussi à atteindre l'Assemblée nationale et, en plein cœur d'Alger, ont hurlé leurs revendications salariales.

Entouré de ses collègues en colère, un garde communal exhibe une prothèse lors d’une manifestation hier à Alger. Farouk Batiche/AFP

Environ 20 000 gardes communaux selon les organisateurs, 10 000 selon des journalistes sur place, ont bravé hier l'interdiction de manifester à Alger pour réclamer une hausse de salaire. Ces gardes chargés de suppléer la gendarmerie algérienne dans les villages sont venus de 35 départements sur 48.
Ils se sont d'abord rassemblés sans incident place des Martyrs, au centre d'Alger, où les forces de police étaient faiblement déployées. Les manifestants, dont la plupart portaient leurs uniformes de combat, scandaient alors notamment : « Abdelaziz Bouteflika (le président algérien) est la solution. » « Les terroristes (islamistes armés) repentis ont plus de droits que nous. On veut que le président Bouteflika annonce rapidement des mesures concrètes en notre faveur », a déclaré l'un d'eux. Les gardes exigent que la hausse de salaire soit rétroactive à 1994, date de la création de ce corps de quelque 93 000 hommes. Les gardes communaux réclament aussi une réduction du nombre des heures de travail et des indemnités de service à l'instar de tous les autres corps de sécurité. La colère des manifestants a pris de l'ampleur après qu'une délégation envoyée rencontrer le Premier ministre, Ahmad Ouyahia, soit revenue bredouille. Les manifestants ont alors forcé un premier cordon de police et se sont dirigés vers l'Assemblée nationale, à quelque 500 mètres de là. Deux autres cordons de policiers ont cédé sous leur pression. Les manifestants ont réussi à atteindre l'Assemblée, où ils ont été encerclés par des renforts de police dépêchés à la hâte.
Une délégation de gardes a alors été reçue, durant près de deux heures, par le président de l'Assemblée nationale, Abdelaziz Ziari. « M. Ziari a estimé que nos revendications étaient raisonnables et légitimes. Il s'est engagé à les transmettre au président Bouteflika », a déclaré un membre de la délégation. Les manifestants ont refusé de regagner la place des Martyrs. « Nous resterons ici jusqu'à obtenir une réponse », ont-ils crié devant l'Assemblée. Selon les gardes, qui participent également à la lutte contre les islamistes dans les communes, quelque 4 400 de leurs collègues ont été tués depuis 1994.
Cette manifestation à Alger intervient après cinq marches avortées de l'opposition depuis le 22 janvier, toutes bloquées par la police. Samedi, trois marches auxquelles avait appelé une faction de la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD) ont tourné court. Depuis les émeutes de janvier, le gouvernement a annoncé, outre la levée de l'état d'urgence, une série de mesures pour tenter de reconquérir l'opinion publique et se mettre à l'abri d'une contestation similaire à ce qui s'est passé en Égypte ou en Tunisie.
Par ailleurs, le sectionnement de câbles de fibre optique a entraîné depuis dimanche des perturbations du réseau Internet à Alger, a indiqué hier l'opérateur public Algérie Télécoms. La réparation est en cours. Ces perturbations ont été provoquées par une entreprise engagée dans la réalisation du tramway d'Alger à Mohammadia, dans la banlieue est de la capitale. L'incident est survenu lors de travaux de terrassement effectués par des ouvriers de cette entreprise.
(Source : AFP)
Environ 20 000 gardes communaux selon les organisateurs, 10 000 selon des journalistes sur place, ont bravé hier l'interdiction de manifester à Alger pour réclamer une hausse de salaire. Ces gardes chargés de suppléer la gendarmerie algérienne dans les villages sont venus de 35 départements sur 48.Ils se sont d'abord rassemblés sans incident place des Martyrs, au centre d'Alger, où les forces de police étaient faiblement déployées. Les manifestants, dont la plupart portaient leurs uniformes de combat, scandaient alors notamment : « Abdelaziz Bouteflika (le président algérien) est la solution. » « Les terroristes (islamistes armés) repentis ont plus de droits que nous. On veut que le président Bouteflika annonce rapidement des mesures concrètes en notre faveur », a déclaré l'un d'eux. Les gardes exigent que...
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