"Nous sommes prêts pour notre marche et je serai à El Madania", un quartier populaire du centre, proche du monument aux Martyrs, a déclaré à l'AFP par téléphone le président du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD, 19 députés) Said Saadi, membre d'une faction de la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD) favorable aux manifestations.
Il n'a pas précisé s'il se rendrait dans les deux autres points prévus pour la marche, le quartier Est de Hussein Dey, également populaire, et Ain Benian, à une vingtaine de kilomètres à l'ouest d'Alger.
Sur la placette d'El Madania, près du terminus de bus, quelques dizaines de manifestants arrivés avant l'heure prévue de la marche, 11h00 (10h00 GMT), étaient vivement critiqués par des personnes se présentant comme des habitants du quartier.
"Il faut que Saïd Saadi ramène ses enfants de France pour qu'ils manifestent. Ce n'est pas à nous de le faire", a lancé l'un d'eux à l'AFP.
Une vingtaine de contre-manifestants sont arrivés en scandant "Bouteflika n'est pas Moubarak", son ex-homologue égyptien, chassé par la foule le 18 février.
Tout autour, environ 200 policiers non armés, casquette vissée sur la tête, surveillaient calmement l'évolution de la situation.
Un journaliste de l'AFP a vu au moins huit véhicules blindés de police discrètement stationnés dans le parking de la télévision nationale, proche d'El Madania, lieu d'arrivée de l'une des marches.
Ailleurs, sur la placette de Ain Benian, des barrières avaient été érigées pour bloquer l'accès aux piétons tandis que des véhicules blindés et un gros contingent de policiers casqués surveillaient les alentours. Peu avant dix heures, aucun manifestant ne semblait présent, selon un photographe de l'AFP.
Enfin dans le quartier de Hussein Dey, face au tribunal, seuls des policiers occupaient les lieux, appuyés par des véhicules blindés.
Une dizaine de manifestants arrivés une heure avant la marche, parmi lesquels deux députés du RCD et Me Ali Yahia Abdennour, président d'honneur de la Ligue algérienne de défense des droits de l'Homme (LADDH), âgé de 90 ans, ont été dispersés par les policiers.
A Oran, la grande ville de l'ouest algérien, une marche était également prévue à l'appel de la CNCD depuis la Place du 1er Novembre. Un important dispositif policier était présent, selon un correspondant de l'AFP.
L'opposition affirme n'avoir pas reçu l'autorisation de manifester.
Les marches sont interdites à Alger en vertu d'une disposition datant de 2001.
La CNCD, créée le 21 janvier dans la foulée des émeutes du début de l'année qui ont fait cinq morts et plus de 800 blessés, s'est scindée le mois dernier entre partisans de démarches politiques dans les rues et la société civile et des syndicats autonomes plus favorables à un travail de fonds.


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