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Liban - Polémique

Haute tension : Bassil intraitable, les habitants dans la rue

Alors que les habitants de Aïn Najem effectuaient leur énième sit-in pour protester contre l'installation de lignes de haute tension dans leur quartier, le ministre sortant de l'Énergie Gebran Bassil assurait que « toute alternative est impossible » et que le projet doit être réalisé.
Le ministre sortant de l'Énergie a tenu hier à son bureau une conférence de presse conjointe avec le ministre de la Santé, Mohammad Khalifé, et le PDG de l'EDL, Kamal Hayek.
M. Bassil a répondu aux critiques des habitants en assurant que les plans étaient en conformité avec les critères de la sécurité publique. Il a tranquillisé tout particulièrement les écoles de la région (dont les élèves participent souvent aux manifestations) sur le fait qu'elles sont trop éloignées pour être affectées par le champ électromagnétique. Selon lui, la plupart des immeubles sont à plus de cent mètres des lignes, et un seul appartement peut être considéré comme dans une grande proximité aux câbles. Il a également fait valoir que les pylônes sont à une hauteur de 53 mètres.
Le ministre s'est ensuite attaqué à la principale revendication des habitants, celle de faire passer les lignes sous terre, comme à Beyrouth. « Nous avons essayé de concevoir trois itinéraires différents pour ces câbles souterrains et avons constaté chaque fois que beaucoup plus de bâtiments seraient affectés par le champ électromagnétique », a-t-il dit. En effet, M. Bassil a argué que « les câbles souterrains dégagent un champ électromagnétique au moins aussi nocif que les câbles aériens ».
Il a assuré que « ce n'est pas le coût supplémentaire de l'installation de câbles souterrains qui nous a arrêtés », mettant en avant le principe « d'équité ». « Ces lignes de haute tension passent par toutes les régions libanaises, pourquoi devrions-nous privilégier une région ? s'est-il demandé. Quelle excuse donnerons-nous aux autres ? Allons-nous modifier tout le réseau ? Peut-être l'État libanais décidera-t-il de le faire dans vingt ans, mais d'ici là, nous ne pouvons exercer la discrimination. »
M. Bassil a ensuite évoqué l'importance de ce raccordement de câbles sur une longueur de 1,9 kilomètre, la seule qui reste pour clore ce projet. « Tant que ce réseau n'est pas terminé, nous ne pouvons importer de l'électricité ni augmenter les heures d'alimentation », a-t-il dit. Il a également parlé du gaspillage sur le réseau que ce raccordement pourrait réduire considérablement. Il a par ailleurs promis de prendre toutes les mesures de sécurité nécessaires comme l'installation de paratonnerres ou d'isolateurs sur les lignes pour neutraliser les ondes.
« Il n'y a pas d'autre alternative, sinon nous n'aurions pas perdu un an », a-t-il ajouté, accusant ses détracteurs « de vouloir priver les gens d'électricité pour s'en prendre à une personne ou à un parti donné ».
Pour sa part, M. Khalifé a rappelé qu'en 2008, un comité formé de représentants de son ministère et d'autres instances a été chargé d'examiner la question du risque sanitaire de la proximité des câbles de haute tension. Il a souligné que les études mondiales ont été passées en revue, portant surtout sur un certain type de leucémie d'enfants qui serait causé par un tel environnement. Il a estimé que des 49 000 cas annuels, seuls 0,2 % seraient dus à une telle exposition. Au niveau du Liban, selon lui, le recensement des cas de cancer ne montre en aucun cas un lien avec l'exposition aux champs électromagnétiques.
Enfin, M. Hayek a surtout insisté sur l'importance du projet « qui n'a aucune portée politique, régionale ou confessionnelle ». « Seules les installations dans les villes, à Beyrouth et à Tripoli, sont souterraines, a-t-il dit. Passé le cap des stations à l'entrée des villes, comme à Mkallès, tous les câbles sont aériens. »
Il a marqué l'importance de terminer ce réseau de lignes 220 kilovolts pour l'EDL, qui ne peut envisager de nouveaux projets sans cela. « De plus, le gaspillage technique, que ce réseau permettrait de réduire, nous coûte un million à un million et demi de dollars par an », a-t-il conclu. À savoir que ces pertes sont estimées aujourd'hui à près de 18 % de la production nationale.

« Que tombent les pylônes ! »
Parallèlement à la conférence de presse du ministre, les habitants de Aïn Najem étaient dans la rue une nouvelle fois hier. Hommes, femmes et enfants ont manifesté devant l'un des pylônes pour empêcher l'installation de câbles. « Nous ne pouvons les laisser installer ces câbles au détriment de nos enfants, a lancé une femme devant la caméra de la LBC. Ce sit-in se poursuivra. S'il faut rester dans la rue durant 365 jours, nous le ferons. »
Un autre homme s'est écrié : « Dans d'autres pays, on soigne les animaux. Ici, on ne protège même pas la santé des humains ! Mais ils n'arriveront pas à nous chasser d'ici, nous sommes chez nous ! »
Des hommes politiques étaient également venus soutenir les habitants, à l'instar d'Eddy Abillama, candidat des Forces libanaises aux dernières élections législatives du Metn. Il a dit soutenir les habitants jusqu'au bout dans leur lutte pour une cause juste puisque, selon lui, le doute sur l'effet nuisible des champs électromagnétiques sur la santé est bien établi.
Rappelons que le comité des habitants de Aïn Najem se base sur diverses études mondiales portant sur les effets du champ électromagnétique sur la santé pour expliquer son refus de voir s'installer des câbles aériens. Il propose l'installation de câbles souterrains pour ce tronçon et affirme, suite à des calculs d'ingénieurs, qu'aucun obstacle technique ne vient entraver cette option.
Le ministre sortant de l'Énergie a tenu hier à son bureau une conférence de presse conjointe avec le ministre de la Santé, Mohammad Khalifé, et le PDG de l'EDL, Kamal Hayek. M. Bassil a répondu aux critiques des habitants en assurant que les plans étaient en conformité avec les critères de la sécurité publique. Il a tranquillisé tout particulièrement les écoles de la région (dont les élèves participent souvent aux manifestations) sur le fait qu'elles sont trop éloignées pour être affectées par le champ électromagnétique. Selon lui, la plupart des immeubles sont à plus de cent mètres des lignes, et un seul appartement peut être considéré comme dans une grande proximité aux câbles. Il a également fait valoir que les pylônes sont à une hauteur de 53 mètres.Le ministre s'est ensuite attaqué à la principale...
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