Dans le même temps, l'opposition a considéré que la poursuite des violences équivalait à un rejet par le président Saleh, 68 ans, d'une offre de sortie de crise prévoyant qu'il quitte ses fonctions avant fin 2011. Son mandat expire en 2013. « La poursuite de la répression (...) signifie pour nous un rejet sans appel de notre initiative », a déclaré Mohammad Gahtane, un porte-parole du Forum commun, coalition de l'opposition parlementaire.
À Sanaa, la journée a été marquée par deux rassemblements, l'un hostile et l'autre favorable au régime. Devant l'université, épicentre de la contestation, des centaines de milliers de personnes, selon les organisateurs, ont participé à la prière hebdomadaire. « Nous ne quitterons pas cette place jusqu'à la chute des corrompus et des tyrans », a déclaré dans son sermon cheikh Yahia al-Doulaïmi en s'adressant à la foule compacte qui débordait de la grande place. Les protestataires avaient baptisé la journée « Vendredi de la cohésion », pour souligner leur unité après que des rumeurs se sont répandues sur des divisions dans leurs rangs. À quelques kilomètres de l'université de Sanaa, de nombreux partisans du régime ont prié sur la place Tahrir, après avoir scandé « Non au sabotage, non au chaos et oui au dialogue ». Des responsables du parti présidentiel, le Congrès général populaire, ont affirmé avoir mobilisé des centaines de milliers de partisans à travers le pays.
À Aden, des dizaines de milliers de personnes ont participé aux cortèges funéraires de trois manifestants tués par les forces de l'ordre ces dernières semaines. Selon un bilan d'Amnesty International, 27 personnes sont mortes dans les violences au Yémen depuis le 27 janvier, outre les quatre tués d'hier. Des prières collectives, pendant lesquelles ont été répétés des appels au départ du président Saleh, se sont également tenues dans les villes de Taëz et Hodeida. Après la prière, des marches ont aussi eu lieu à Zinjibar, chef-lieu de la province d'Abyane, et Ataq, capitale de la province de Chabwa.
(source : AFP)

