Une réunion a eu lieu hier au ministère de la Santé regroupant les ministres sortants de la Santé Mohammad Khalifé, de la Justice Ibrahim Najjar, de l'Économie Mohammad Safadi, de l'Intérieur Ziyad Baroud et de l'Information Tarek Mitri. M. Khalifé a d'emblée rejeté toutes les accusations de laxisme dans cette affaire et de manque de coordination entre les acteurs concernés.
« Il n'y a pas de loi spécifique sur ces produits, le phénomène ayant pris de court non seulement le ministère libanais de la Santé, mais les ministères des autres pays également, a-t-il souligné. Mais il existe des lois générales et certaines modifications ont été faites sur elles. Nous considérons aujourd'hui que tout produit commercialisé comme étant à but thérapeutique doit être placé dans la catégorie des médicaments et traité comme tel. »
Il a rappelé le fait que ces compagnies avaient initialement demandé des permis de manufacturer des produits à vendre dans des sachets semblables à ceux du thé. « Mais le phénomène a pris de l'ampleur, a poursuivi le ministre. Certains ont fini par usurper le rôle du médecin et du pharmacien, et causer du tort aux citoyens. D'ailleurs, ces produits sont manufacturés à l'étranger malgré l'indication qu'ils sont faits au Liban. Nous avons saisi une quantité de ces produits commercialisés au Liban. Nous avons aussi appliqué toutes les décisions qui ont été prises, comme le retrait de permis ou la fermeture d'une usine. »
Sur la réunion d'hier, M. Khalifé a affirmé qu'« une décision a été prise d'adopter un mécanisme de coordination entre les ministères afin de faire face à ce problème ». « Nous aurons ensuite recours à un comité de l'ordre des médecins et du service des contentieux au ministère de la Justice pour élaborer un texte de loi adéquat à soumettre au Parlement », a-t-il poursuivi.
Interrogé sur la possibilité que ce secteur serve au blanchiment d'argent, M. Khalifé a souligné que « les principaux concernés affirment qu'ils dépensent, de manière directe ou indirecte, 7 à 8 millions de dollars, alors que leurs exportations sont d'une valeur d'environ 160 000 dollars ».
Avertissement aux médias
Pour sa part, le ministre Mitri a précisé qu'il avait adressé à deux reprises des avertissements aux médias qui continuent de faire la promotion des produits et d'enfreindre la loi. Il a souligné que trois chaînes de télévision, outre la chaîne officielle, ont décidé de renoncer à la promotion de ces produits. « J'espère que les autres médias se conformeront aux directives après le second avertissement, a-t-il poursuivi. Dans le cas contraire, nous discuterons des mesures à prendre. Le ministre de l'Information peut prendre la décision de fermer le média trois jours. Pour plus que ça, il faut une décision du Conseil des ministres. Il y a également une possibilité de poursuites pénales. » Il a cependant reconnu que « la décision de fermeture de médias ne peut être prise facilement et rapidement, et je crois qu'elle requiert une intervention du Conseil des ministres ».
Pour ce qui est de la législation, M. Mitri a estimé que les textes actuels sont trop lacunaires ou vagues, d'où le fait qu' « il est nécessaire d'avoir une loi claire ». Enfin, M. Najjar, interrogé sur les mesures contre les contrevenants, a rappelé que la loi adoptée le 11 mars 2010 porte sur « tous les produits ayant une qualité thérapeutique ». « Il faut donc savoir quels sont les produits en question avant de décider de poursuivre les contrevenants », a-t-il ajouté.
Conseil des ministres arabes de la Santé
Par ailleurs, M. Khalifé a annoncé hier la tenue du trente-cinquième Conseil des ministres arabes de la Santé à Beyrouth, les 9 et 10 mars, à l'hôtel Grand Habtoor, Sin el-Fil. Il a précisé que tous les États arabes seront représentés dans cet événement au cours duquel sera annoncée la déclaration de Beyrouth sur les droits de la femme et de l'enfant arabes en matière de santé. Il a parlé de mesures concrètes qui seront prises pour assurer l'accès aux vaccins notamment.
Le ministre de la Santé a rappelé que parallèlement au Conseil des ministres arabes aura lieu la réunion de l'Union des hôpitaux arabes dans le même lieu, « ce qui signifie qu'il y aura, en ce moment-là, le plus grand regroupement médical à Beyrouth ».

