« Le peuple est capable de se libérer de la tyrannie et de construire un État démocratique, de traverser la transition sans sombrer dans l'extrémisme et la violence », affirment par ailleurs dans un communiqué des partis de l'opposition, non autorisés, qui ont lancé en 2005 un mouvement baptisé « Déclaration de Damas » et dont plusieurs de ses membres ont été arrêtés fin 2007. Ils appellent « mouvements d'opposition, personnalités nationales et jeunes à se réunir au sein d'un comité de coordination pour le changement ». Ils demandent également aux autorités d'adopter « une position courageuse et raisonnable pour le changement démocratique ». Mais préalablement, « le peuple attend des mesures rapides et concrètes : la libération des prisonniers politiques, la levée de l'état d'urgence et des lois d'exception », notamment concernant la confrérie des Frères musulmans, interdite en Syrie, indique le communiqué publié par le site all4syria.
Par ailleurs, une page sur Facebook intitulée « La révolution syrienne contre Bachar el-Assad 2011 », comptant plus de 27 000 membres, appelle à des manifestations dans les villes syriennes le 15 mars. Mais un précédent appel lancé le 4 février, pour « la première journée de la colère du peuple syrien », n'avait pas été suivi. Et la semaine dernière, des manifestations de soutien à l'Égypte et à la Libye ont été dispersées à Damas. Alors que les manifestations sont interdites par la loi d'urgence, plusieurs centaines de Syriens avaient pourtant manifesté le 17 février contre la brutalité policière au cœur d'un grand souk de Damas, Hariqa. Une vidéo tournée sur place montre les manifestants huant les policiers aux cris de « le peuple syrien ne se laissera pas humilier ».
De son côté, l'écrivain et politologue syrien Michel Kilo a également prôné des réformes dans un entretien au quotidien an-Nahar paru lundi. « Nous entrons dans l'ère de l'après-despotisme arabe (...) après la misère, la violence, la corruption vécues dans le monde arabe. Tous les pays vont entrer dans l'histoire libre et démocratique même si leurs régimes ne vont pas chuter prochainement », a estimé l'écrivain qui a passé trois ans en prison. « Ceux qui refusent les réformes vivent désormais dans un autre temps », ajoute-t-il.
L'abrogation de la loi d'urgence décrétée peu après l'arrivée au pouvoir du parti Baas en 1963 était l'une des revendications des mouvements de l'opposition et de la société civile entre 2000-2005. En mai 2006, l'arrestation d'importantes figures de l'opposition, comme M. Kilo et l'avocat des droits de l'homme Anouar Bounni (qui purge une peine de cinq ans de prison) avec huit de leurs compagnons, avait disséminé un mouvement démocratique lancé à l'arrivée au pouvoir du président Bachar el-Assad en 2000. Récemment, dans un entretien au Wall Street Journal, M. Assad a souligné sa volonté de faire voter une loi sur la création de partis politiques qui permette la création de formations, autre que le Baas et celles du Front national progressiste qui gravitent autour de ce parti.
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