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Moyen Orient et Monde - Transition

Le Premier ministre égyptien claque la porte

Moubarak n'a pas quitté le pays, assure la télévision nationale.

La nomination de Essam Charaf à la tête du gouvernement a été favorablement accueillie par les manifestants de la place Tahrir au Caire. Peter Andrews (Reuters)

Le Premier ministre égyptien Ahmad Chafic a démissionné hier. Le Conseil suprême des forces armées a annoncé son remplacement par Essam Charaf. M. Charaf, professeur d'ingénierie à l'université du Caire, a été ministre des Transports de 2002 à fin 2005, avant d'être démis à la suite de divergences avec l'ancien Premier ministre Ahmad Nazif. Il avait participé aux manifestations de la place Tahrir au Caire, épicentre de la contestation anti-Moubarak, et il est apprécié par les jeunes qui ont lancé l'appel à la révolte.
Ces derniers avaient avancé son nom lors d'une rencontre avec des membres du conseil militaire dimanche dernier, au cours de laquelle ils avaient plaidé pour des changements démocratiques rapides et profonds. « Nous sommes contents, nous avions proposé son nom et notre demande a été acceptée », a déclaré un des responsables de la Coalition des jeunes de la révolution, Chadi al-Ghazali.
L'opposant Mohammad el-Baradei, dans un message diffusé sur le réseau twitter après l'annonce du départ de M. Chafic, a de son côté déclaré que « le régime déchu est tombé avec la chute de Moubarak et de son gouvernement, nous sommes sur la bonne voie ». « J'exprime ma sincère appréciation au Conseil suprême des forces armées qui a accepté la demande du peuple », a ajouté l'ancien chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique, l'un des principaux soutiens politiques de la révolte anti-Moubarak.
M. Chafic et son gouvernement avaient été nommés dans les derniers jours au pouvoir du président Hosni Moubarak, qui a démissionné le 11 février sous la pression de la rue. Son gouvernement, remanié depuis, s'est attiré les foudres d'opposants, en particulier d'organisations de jeunes, en raison de la présence de nombreuses personnalités proches du raïs déchu. M. Chafic, issu de l'armée, était lui-même ministre de l'Aviation sous l'ancien président. Son gouvernement comprenait aussi des personnalités importantes de l'époque Moubarak, comme le ministre des Affaires étrangères Ahmad Aboul Gheit, celui de l'Intérieur Mahmoud Wagdi ou celui de la Justice Mamdouh Mohieddine Marei, dont les jeunes demandent qu'ils ne soient pas reconduits dans le prochain cabinet.
La démission de M. Chafic survient alors que le pays est engagé dans une phase de transition politique délicate. L'armée, à qui M. Moubarak a remis ses pouvoirs en partant, a suspendu la Constitution et dissous le Parlement. Elle a également promis des réformes démocratiques, en particulier une révision de la Constitution soumise à référendum, puis des élections législatives et présidentielle, en principe d'ici à la fin du mois d'août, avant un retour à un pouvoir civil.
Une commission a déjà proposé des projets d'amendements constitutionnels, remplaçant notamment la possibilité de mandats présidentiels illimités de 6 ans par deux mandats consécutifs au plus, de quatre ans. Cette commission propose également d'assouplir les conditions requises pour se porter à la présidence, une demande pressante de l'opposition. Cette ébauche de schéma de transition est toutefois critiquée depuis plusieurs jours, certains la jugeant trop rapide pour permettre l'émergence de vrais partis politiques issus de la révolte populaire. Certains opposants exigent aussi une révision en profondeur de la loi électorale avant tout scrutin.
Le président turc Abdullah Gül a déclaré hier au Caire que l'armée lui avait confirmé sa volonté de mener une « transition démocratique ». M. Gül a notamment rencontré le chef de cette instance, le maréchal Hussein Tantaoui.
Par ailleurs, la télévision nationale, en citant le parquet général, a fait savoir hier que Hosni Moubarak n'a pas quitté le pays, pas plus que les membres de sa famille. Mercredi, un quotidien gouvernemental avait affirmé que le raïs déchu se trouvait à Tabouk, en Arabie saoudite, où il suivrait une chimiothérapie pour un cancer du côlon et du pancréas.
(Sources : agences)
Le Premier ministre égyptien Ahmad Chafic a démissionné hier. Le Conseil suprême des forces armées a annoncé son remplacement par Essam Charaf. M. Charaf, professeur d'ingénierie à l'université du Caire, a été ministre des Transports de 2002 à fin 2005, avant d'être démis à la suite de divergences avec l'ancien Premier ministre Ahmad Nazif. Il avait participé aux manifestations de la place Tahrir au Caire, épicentre de la contestation anti-Moubarak, et il est apprécié par les jeunes qui ont lancé l'appel à la révolte.Ces derniers avaient avancé son nom lors d'une rencontre avec des membres du conseil militaire dimanche dernier, au cours de laquelle ils avaient plaidé pour des changements démocratiques rapides et profonds. « Nous sommes contents, nous avions proposé son nom et notre demande a été...
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