Dès l'aube, des tracteurs avec des remorques se sont dirigés vers l'avenue centrale Habib Bourguiba, épicentre des émeutes, pour dégager la rue où des bancs, des arbres et des pancartes avaient été arrachées par les manifestants samedi.
Un blindé des forces de sécurité était positionné au milieu de l'avenue, suscitant la curiosité de groupes de passants, qui bravaient l'interdiction de circuler en vigueur depuis samedi 18h jusqu'à ce dimanche minuit. Mais tous les magasins restaient fermés sur cet axe central.
Des hélicoptères de l'armée ont survolé une grande partie de la nuit la capitale.
Le ministère tunisien de l'Intérieur a annoncé que 3 personnes sont mortes dans les affrontements samedi entre manifestants et forces de l'ordre en plein centre de Tunis et que plusieurs membres des forces de l'ordre ont été blessés.
Le ministère avait également annoncé l'arrestation samedi de plus 100 personnes et de 88 autres auteurs d'actes de vandalisme arrêtés la veille, lors des premiers affrontements entre forces de l'ordre et manifestants survenus vendredi dans le coeur de Tunis.
Le ministère a attribué ces actes de violence contre la police "à un groupe d'agitateurs infiltrés dans les rangs de manifestants pacifistes et qui se sont servis de jeunes lycéens comme boucliers humains pour se livrer à des actes de violences, d'incendies visant à semer la terreur parmi les citoyens et visant les forces de sécurité intérieures".
L'avenue Bourguiba a été livrée samedi à une véritable bataille rangée entre forces de l'ordre et manifestants, que la police a dispersés à plusieurs reprises en faisant usage de gaz lacrymogènes.

