Dans un communiqué publié hier à l'issue de sa réunion hebdomadaire, le BN a dénoncé « l'insistance » de Michel Aoun à faire croire que le rôle du chef de l'État « se limite à signer le décret de formation du gouvernement. Est-ce que les électeurs de Michel Aoun acceptent cela, est-ce qu'ils acceptent la transformation du président de la République en simple scribe ? » s'interroge ainsi le texte.
« Les allusions perpétuelles du chef du CPL dans ses discours au volume de son bloc parlementaire sont frappantes : il oublie que ce bloc est formé de plusieurs autres, dont les députés de Talal Arslane, ceux de Sleimane Frangié et ceux du Tachnag. Il veut les compter deux fois : une fois pour lui et pour son bloc et une fois pour eux », s'est exclamé le BN, qui en a profité pour critiquer également le président du Conseil national de l'audiovisuel (CNA), Abdel-Hadi Mahfouz, dénonçant ses comportements « surprenants : il se rebelle de temps en temps après qu'une demande lui fut parvenue », écrit le communiqué, qui tient à rappeler que le rôle du CNA est « d'organiser les médias libanais. C'est un droit que de les défendre, mais encore eut-il fallu rectifier plusieurs tirs et pas des moindres », ajoute-t-il, évoquant les documents concernant le financement de certaines télévisions et les réunions de « certains ambassadeurs » avec les responsables de « certaines chaînes ».
Sur le plan régional, le BN s'est arrêté en particulier sur « les massacres » en Libye, réaffirmant le caractère « indispensable » des tribunaux internationaux contre les crimes commis par des parties politiques. « Le but n'est pas seulement de juger d'anciens crimes, mais d'ériger des garde-fous pour les peuples contre les régimes totalitaires », assure le communiqué, relevant le caractère « pionnier » que revêtira, dans la région, le Tribunal spécial pour le Liban.
Enfin, concernant le veto américain au Conseil de sécurité à propos du processus de colonisations israéliennes, le BN a relevé « à quel point les États-Unis étaient seuls face au monde et à quel point le président US a besoin du lobby juif pour être réélu ». « Barack Obama ne veut pas réitérer l'expérience Carter, qui avait approuvé la résolution 425 en 1978 et qui n'a pas pu faire un second mandat, ni celle de George Bush père, qui avait gelé dix milliards de dollars destinés à Israël et qui n'a pas été réélu non plus, malgré sa popularité record due à la première guerre d'Irak », rappelle le communiqué. « Le seul résultat de ce veto est davantage d'entêtement de la part de l'État hébreu, plus de colonisation et plus de chances de voir une implantation se confirmer. Quant au prix de ce veto, c'est uniquement encore plus d'extrémisme dans la rue arabe et d'embarras pour tous les pays arabes modérés, soucieux d'une paix juste et globale. C'est cela que veulent les États-Unis dont les émissaires sont en train de parcourir le monde arabe à la recherche d'une solution ? » s'interroge en conclusion le communiqué du BN.

