Un enfant embrassant le souverain saoudien à son arrivée à l’aéroport de Riyad, hier. SPA/Reuters
Le roi Abdallah a été montré après sa descente d'avion, assis sur un fauteuil. Il a été salué en premier par le roi de Bahreïn et les membres de la famille royale saoudienne au complet. Le souverain avait quitté Riyad le 22 novembre pour New York où il a été opéré d'une hernie discale, compliquée d'un hématome. Il a subi une seconde opération début décembre. Il était en convalescence au Maroc depuis le 22 janvier. L'âge du roi Abdallah et le caractère exceptionnel de l'annonce de son hospitalisation avaient alimenté des rumeurs sur l'avenir de la direction du royaume.
Il reprend les rênes du géant régional et premier exportateur de pétrole mondial dans un contexte de craintes pour la stabilité du Golfe au moment où la contestation politique dans les pays arabes est alimentée par la grogne sociale.
La presse saoudienne, paraissant hier, a vu dans le retour du roi un gage de stabilité pour la région, le quotidien Arab News soulignant notamment que « le souverain est maintenant le seul pilier de la stabilité régionale ».
Dès son retour au pays, le vieux souverain, presque nonagénaire, a fait annoncer l'octroi d'une série d'allocations en faveur des étudiants à l'étranger et des jeunes chômeurs, ainsi que des aides au logement, pour un montant global estimé à plus de 35 milliards de dollars. Le taux de chômage élevé des jeunes et les problèmes de logement sont en effet deux des défis que l'Arabie, pourtant riche de son pétrole, va devoir relever sous peine d'affronter une crise sociale. Mais aucune des mesures annoncées par une monarchie absolue qui ne souffre ni Parlement ni opposition légale ne concerne les réformes politiques réclamées par les dissidents - élections libres, liberté pour les femmes et libération des prisonniers politiques.
Sur Twitter, des Saoudiens se sont montrés critiques envers sa prodigalité à son retour. « Ce que nous voulons, ce sont des droits, pas des cadeaux », écrit ainsi un internaute, Fahad Abdhalfiri.
Inspirés des révolutions tunisienne et égyptienne, qui ont vu le jour grâce aux réseaux sociaux d'Internet, un groupe de cyberdissidents a appelé sur Facebook à une « journée de colère » le 11 mars pour obtenir des libertés publiques. Plus de 460 internautes avaient rejoint cette page hier matin, mais il était impossible de vérifier combien d'entre eux habitent en Arabie même. On ignore encore quel impact réel aura cet appel à manifester dans un royaume désertique de plus de deux millions de km2 taillé à coups de sabre, sur lequel règne sans partage depuis 80 ans la tribu des Saoud.
Une manifestation, en janvier à Deddah, à la suite d'inondations dans cette ville, la deuxième du royaume, avait été rapidement dispersée.
(Sources : agences)


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