« Kadhafi, tu es un assassin », brandissait hier une manifestante en colère devant la représentation de la Ligue arabe à Beyrouth. Sharif Karim / Reuters
L'ancien ministre Ibrahim Chamseddine a dénoncé la réaction de ce qu'il a appelé « l'Occident politique face au réveil des peuples arabes, plus particulièrement le peuple libyen ». « L'Occident politique reste foncièrement un régime despotique et colonialiste dans son comportement avec la région arabe et ses peuples. Il respecte la démocratie de ses peuples qu'il considère comme supérieurs, alors qu'il traite les autres peuples d'inférieurs et ne méritant pas les standards qu'il applique chez lui », a-t-il dit avant de dénoncer le fait que l'Occident occulte complètement le comportement du chef libyen Mouammar Kadhafi.
Le député Ali Khreiss a rappelé de son côté qu'avant même que n'éclate la révolution en Libye, il avait réclamé que Kadhafi soit jugé et que son régime soit renversé. Et de rappeler la tenue au Liban d'une audience le 4 mars prochain pour juger le président libyen et ceux qui seraient impliqués dans la disparition de l'imam Moussa Sadr.
Pour sa part, le député d'Amal Ali Zeaïter a dénoncé ce qui se passe en Libye, le qualifiant de « crime du siècle », qui, a-t-il dit, est à l'instar du crime commis à l'encontre de l'imam Sadr. « Le peuple libyen nous a devancés en décidant de juger Kadhafi », a-t-il dit.
Le député du bloc du Développement et de la Libération, Ali Osseirane, a félicité quant à lui le « peuple libyen pour la révolution qu'il mène contre le pouvoir despotique exercé par Mouammar Kadhafi contre ces citoyens ».
Le chef du Mouvement du peuple, Najah Wakim, a exprimé sa solidarité et sa compassion avec le peuple libyen, et salué « sa bravoure et ses sacrifices » faits au nom de la dignité, de la liberté et de la justice, soulignant que c'est un grand honneur pour les Libyens que de se retrouver aux côtés des peuples tunisien et égyptien, les pionniers de la révolution arabe.
Le secrétaire général du Mouvement de la lutte arabe, l'ancien député Fayçal Daoud, a dénoncé de son côté les « massacres commis par le chef du régime libyen qui, a-t-il dit, s'est transformé en criminel pour réprimer le mouvement de changement amorcé.
Le député d'Amal Abdel Magid Saleh a affirmé dans un discours que Mouammar Kadhafi a foulé aux pieds l'espoir arabe, prévoyant sa chute prochaine après celles de Hosni Moubarak et de Zine el-Abidine Ben Ali. Selon lui, l'injustice commise contre l'imam Moussa Sadr ne restera pas impunie. Le vice-président du Conseil supérieur chiite, cheikh Abdel Amir Kabalan, a stigmatisé pour sa part « les massacres commis par le régime libyen », qui, a-t-il dit, « a violé toutes les coutumes, conventions et valeurs religieuses et humanitaires en utilisant les armes les plus mortelles contre ses citoyens ».
Dans un communiqué, le bureau politique de la Jamaa islamiya a dénoncé à son tour « les pratiques criminelles du régime libyen à l'encontre du peuple qui revendique ses droits les plus élémentaires en matière de liberté et de dignité dont il a été privé durant quarante ans ».
Le chef du Mouvement populaire nassérien, Oussama Saad, a dénoncé les bombardements auxquels ont recouru les partisans du régime libyen qui ont visé les protestataires, affirmant que les avions de guerre utilisés ne sont employés qu'en tant de guerre.
Pour l'ancien ministre Zaher Khatib, Kadhafi a commis « des crimes de génocide et des crimes contre l'humanité équivalents à ceux commis par Israël contre le peuple palestinien ».
L'ancien député Baha'eddine Itani a appelé à son tour les peuples arabes à soutenir le peuple libyen au cours de cette période difficile ainsi que son droit légitime à un nouveau régime démocratique. Le Front pour la libération de la Palestine a dénoncé la répression et les crimes commis contre les manifestants dans le monde arabe et appelé à la « cessation immédiate des violations barbares et de la brutalité employée contre le peuple libyen ». Et d'appeler toutes les parties arabes ainsi que les médias à s'employer à faire la lumière sur ce qui se passe.
Solidarité avec Bahreïn
Par ailleurs, une rencontre a été organisée hier en signe de soutien à la démocratie à Bahreïn et pour la défense des droits de l'homme. La rencontre s'est tenue à Ghobeiri, sur une invitation de la communauté bahreïnie résidant au Liban, en présence de personnalités laïques et d'autres issues des milieux politique, social et médiatique.
L'activiste bahreïni Ali Soueidane a pris la parole au nom des universitaires bahreïnis résidant au Liban, affirmant que son pays « est actuellement en train de définir un nouvel avenir politique grâce aux sacrifices de ses fils qui se sont mobilisés contre tous ceux qui tentent de diviser leur pays ».
S'exprimant à son tour, le mufti jaafari, cheikh Ahmad Taleb, a relevé » la coïncidence entre la commémoration de la date de la naissance du prophète Mohammad et l'émergence d'une nouvelle ère dans le monde arabe, par le biais de la révolte des peuples contre leur quotidien intolérable ».
Le chef du Conseil palestinien au Liban, cheikh Mohammad Nemr, a de son côté rejeté « les tentatives déployées par certains régimes pour laisser croire que leurs problèmes sont issus des ingérences extérieures, sachant que ces régimes sont plongés dans la corruption financière et politique », a-t-il dit.


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