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Liban

Aoun et Wahhab intensifient leurs tirs en direction de Baabda

Michel Aoun et Wi’am Wahhab : une attaque coordonnée contre le chef de l’État...Photo Charbel Nakhoul

Le chef du CPL, le général Michel Aoun, et l'ancien ministre Wi'am Wahhab se sont livrés hier à une escalade visiblement concertée dans leurs critiques contre le président de la République, Michel Sleiman, le premier laissant entendre qu'il ne saurait être question désormais de lui remettre les ministères régaliens et le second lui « conseillant » de changer de politique.
Le général Aoun s'exprimait à l'issue de la réunion hebdomadaire de son bloc parlementaire, dans l'après-midi. Il s'était entretenu auparavant avec M. Wahhab à Rabieh.
« Je refuse catégoriquement qu'on vienne me dire : nous ne pouvons pas vous donner telle ou telle chose, que mes interlocuteurs soient des individus ou des États », a déclaré le général.
« Ce qui s'est passé en 2008 et 2009 était pratiquement une opération de spoliation de nos droits. Il (Michel Sleiman) a pris le premier poste, c'est-à-dire la présidence de la République, et les ministères régaliens. Le résultat était que nous étions poussés hors du pouvoir de décision. Désormais, cela ne se passera plus comme cela. Il ne s'agit pas de charité, mais de droits. Sur la base de la loi, je peux imposer mon point de vue à tout le monde. Et la dernière personne de la République est en mesure de me faire taire par le biais de la loi », a-t-il ajouté.
Et de renchérir : « S'il (le chef de l'État) est d'accord avec moi, il n'a pas besoin de ministres à lui. Et s'il n'est pas d'accord avec moi, pourquoi devrais-je lui céder de ma part ? Rien ne le dit dans la Constitution. Si l'on souhaite lui donner des ministres, alors qu'on modifie la Constitution dans ce sens. J'en serais enchanté. »
« On me dit qu'il est en mesure de refuser de signer le décret de formation du gouvernement. Comment cela ? S'agirait-il d'une simple formalité officielle ? Si la Constitution est respectée dans la formation du cabinet, il est tenu d'en signer le décret », a estimé le chef du CPL.
« Il y a des choses qui ont montré qu'il n'est pas consensuel et qu'il aspire à un rôle politique. Il devrait dès lors avoir un discours politique clair et former un parti politique. Cela n'a rien de honteux. Il était venu sur une base consensuelle et s'il veut gouverner, il doit le faire en se fondant sur un texte constitutionnel », a-t-il encore dit, démentant par ailleurs avoir retiré sa confiance au Premier ministre désigné, Nagib Mikati.
De son côté, M. Wahhab avait souligné, à l'issue de son entretien avec le général Aoun, que le chef de l'État « menace de ne pas signer le décret de formation du gouvernement si celui-ci ne lui convenait pas ».
« À nos yeux, les choses sont plus importantes que cela. Je crois que le chef de l'État est lié à une ligne politique bien déterminée et je ne vois pas comment il pourrait persévérer dans cette voie dans le contexte libanais actuel. Il faut qu'il réfléchisse méticuleusement à cette nouvelle réalité. C'est le conseil que je lui donne et je souhaite qu'il entende les conseils », a ajouté M. Wahhab, tout en prenant soin de préciser que ces propos reflétaient son point de vue personnel et non celui du général Aoun, de la Syrie, du Hezbollah ou d'autres.
Mais M. Wahhab est allé encore plus loin dans ses attaques contre le chef de l'État : « Nous demandons au Premier ministre désigné de hâter la formation du gouvernement et de procéder rapidement à des changements administratifs car nous craignons que certains services à Baabda ne soient en train de trafiquer quelque chose secrètement en coordination avec des milieux à l'étranger », a-t-il dit.
« Nous voulons de M. Mikati qu'il nous propose une formation claire, maintenant qu'il est apparu que le camp adverse ne compte pas participer au gouvernement, ayant reçu des ordres de l'étranger dans ce sens », a encore dit M. Wahhab.
« Nous nous opposerons à tout gouvernement qui ne s'engagerait pas sur la voie d'un changement global dans l'administration et les institutions et qui n'aurait pas de programme », a-t-il ajouté, réclamant que le camp adverse soit « sanctionné » par le nouveau pouvoir. « Si nous ne le défaisons pas, c'est lui qui nous infligera une défaite », a-t-il souligné.
Le chef du CPL, le général Michel Aoun, et l'ancien ministre Wi'am Wahhab se sont livrés hier à une escalade visiblement concertée dans leurs critiques contre le président de la République, Michel Sleiman, le premier laissant entendre qu'il ne saurait être question désormais de lui remettre les ministères régaliens et le second lui « conseillant » de changer de politique.Le général Aoun s'exprimait à l'issue de la réunion hebdomadaire de son bloc parlementaire, dans l'après-midi. Il s'était entretenu auparavant avec M. Wahhab à Rabieh.« Je refuse catégoriquement qu'on vienne me dire : nous ne pouvons pas vous donner telle ou telle chose, que mes interlocuteurs soient des individus ou des États », a déclaré le général.« Ce qui s'est passé en 2008 et 2009 était pratiquement une opération de spoliation...
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