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Moyen Orient et Monde - Transition

Des opposants intègrent le gouvernement égyptien

Le procureur général a demandé le gel des avoirs à l'étranger de Hosni Moubarak.
Des membres des partis de l'opposition à Hosni Moubarak, à l'exception des Frères musulmans, ont été nommés au sein du gouvernement de transition après un remaniement, ont rapporté les médias hier. Condamnant le gouvernement d'Ahmad Chafik, les Frères musulmans ont estimé que tous les ministres du président déchu devaient s'en aller. « Personne ne nous a offert de poste et même s'ils nous en avaient proposé un, nous aurions refusé, car nous demandons ce que la population exige, c'est-à-dire que ce gouvernement démissionne, car il est compromis avec l'ancien régime », a déclaré Essam el-Erian, haut dirigeant des Frères musulmans. « Nous voulons un gouvernement constitué de techniciens, sans lien avec l'ancien régime », a-t-il ajouté.
Dix jours après la démission du président Hosni Moubarak, le remaniement, annoncé dimanche soir, n'inclut aucun changement dans les ministères-clés de la Défense, de l'Intérieur et des Affaires étrangères. Le maréchal Mohammad Hussein Tantaoui, qui dirige le Conseil suprême des forces armées, est ministre de la Défense depuis une vingtaine d'années.
Parmi les ministres nouvellement nommés figurent trois hommes politiques venant de partis politiques légaux. Yehia el-Gamal, proche de Mohammad el-Baradeï, a été nommé au poste de vice-Premier ministre. Ce professeur de droit appartient à la Coalition nationale pour le changement d'el-Baradeï. Gowdat Abdel Khalek, du parti d'opposition Tagammou, a été désigné au poste de ministre de la Solidarité et de la Justice sociale, selon le journal al-Gomhouria. Mounir Abdel Nour, secrétaire général du parti Wafd (libéral), a été nommé ministre du Tourisme.
« Accepter ce poste est un devoir national pour impulser le changement dans la bonne direction », a déclaré Abdel Nour à la chaîne de télévision Mehwar, selon l'agence de presse MENA. En novembre dernier, le parti Wafd avait boycotté les élections législatives, estimant alors que le vote était truqué. Abdel Nour a appelé le futur président de l'Égypte à modifier la Constitution du pays qui est selon lui dépassée, indique l'agence de presse.
Parmi les autres changements, le poste de ministre de l'Information a été supprimé. L'ancien ministre, Anas el-Fekki, a attisé la colère des manifestants, car les médias d'État ont longtemps minimisé l'ampleur du mouvement de protestation contre Hosni Moubarak.
Amr Hamzaoui, un analyste politique et membre du « Conseil des sages », formé de personnalités indépendantes chargées de réfléchir à la transition, a été nommé au poste de ministre de la Jeunesse, rapporte également la télévision nationale. Mohammad el-Saoui, qui dirige un centre culturel populaire au Caire, prend le portefeuille de la Culture, et Georgette Kalini est nommée à l'Immigration.
Le Premier ministre Ahmad Chafik a ordonné par ailleurs que des rues soient rebaptisées au nom de « martyrs » tués durant le soulèvement, qui a fait quelque 300 morts en 18 jours.
Parallèlement, le procureur général Abdel Meguid Mahmoud a annoncé hier que l'Égypte a demandé le gel des avoirs à l'étranger de Hosni Moubarak et de sa proche famille, dont son épouse Suzanne ainsi que ses deux fils, Alaa et Gamal, et leurs épouses.

Cameron au Caire
Sur le plan international, le Premier ministre britannique David Cameron et un haut responsable diplomatique américain, William Burns, ont apporté hier au Caire leur appui aux efforts de « transition vers la démocratie ». Ces visites sont les premières de hauts responsables étrangers en Égypte depuis la démission le 11 février du président Moubarak.
Au premier jour de sa visite en Égypte, le sous-secrétaire d'État américain chargé des Affaires politiques a rendu un hommage très chaleureux à la révolte populaire et « pacifique » qui a conduit au renversement de Moubarak. M. Burns a également souhaité la libération des détenus politiques et la levée de l'état d'urgence en vigueur depuis 30 ans. Les militaires au pouvoir ont affirmé que l'état d'urgence serait levé dès que les circonstances le permettraient.
La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, doit également s'entretenir aujourd'hui au Caire avec les nouveaux dirigeants du pays, qui ont suspendu la Constitution et dissout le Parlement, tout en promettant des élections libres et le retour à un pouvoir civil dans quelques mois.

Des membres des partis de l'opposition à Hosni Moubarak, à l'exception des Frères musulmans, ont été nommés au sein du gouvernement de transition après un remaniement, ont rapporté les médias hier. Condamnant le gouvernement d'Ahmad Chafik, les Frères musulmans ont estimé que tous les ministres du président déchu devaient s'en aller. « Personne ne nous a offert de poste et même s'ils nous en avaient proposé un, nous aurions refusé, car nous demandons ce que la population exige, c'est-à-dire que ce gouvernement démissionne, car il est compromis avec l'ancien régime », a déclaré Essam el-Erian, haut dirigeant des Frères musulmans. « Nous voulons un gouvernement constitué de techniciens, sans lien avec l'ancien régime », a-t-il ajouté.Dix jours après la démission du président Hosni Moubarak, le...
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