Blake Griffin a remporté le concours de smashes du All Star Game NBA en électrifiant la foule avec un dunk par-dessus le capot d’une voiture. Robyn Beck/AFP
Le natif de l'Oklahoma devait être hier, tard dans la nuit, le premier rookie (joueur de première année) à jouer un All Star Game depuis Yao Ming en 2003, signe de la marque tangible qu'il a déjà laissée en NBA auprès des fans et des joueurs.
« J'avais comme objectif de devenir All Star dans ma deuxième saison, mais c'est allé plus vite, confie Griffin de sa voix basse. C'est une récompense qui me donne encore plus faim et me motive pour devenir encore meilleur. »
« Il y a tellement de joueurs qui méritent d'être là que je me sens un peu coupable (de prendre leur place) », ajoute l'ailier, poli et humble, loin du comportement de « bad boy » qui caractérise parfois certains de ses homologues.
« Blake mérite d'être là. Point à la ligne », souligne Kobe Bryant, qui en connaît un rayon en All Star Game puisqu'il disputait son 13e.
Avec 23 points et 12 rebonds de moyenne pour des Clippers désormais moins mauvais avec lui (21v-35d), Griffin n'a pas usurpé sa place dans la cour des grands et n'a pas été poussé là pour des impératifs marketing, même si son avènement ne fait pas de mal aux desseins économiques des sponsors de la NBA.
Dunks agressifs
À bientôt 21 ans, Griffin est d'abord un monstre physique (2,08 m pour 114 kilos) et dispose d'une combinaison vitesse/puissance qui se concrétise souvent sur le terrain par des smashes plus spectaculaires les uns que les autres, passant en boucle à la télévision et sur You Tube.
La semaine dernière, le phénomène s'est même cogné la tête contre le coin du panneau (hauteur : 2,9 m) en voulant claquer en alley-oop une passe lobée du meneur de jeu des Clippers Baron Davis.
Mais Griffin ne se résume pas aux seuls dunks qu'il écrase rageusement, il a d'autres armes dans sa panoplie, comme son flair pour les rebonds offensifs (3,7 par match), sa maîtrise des fondamentaux, son excellente coordination et sa vocation collective, qui a instantanément rendu ses coéquipiers meilleurs.
S'il doit encore travailler sur son shoot à mi-distance, la nouvelle perle fait l'admiration de tous. « C'est un athlète monstrueux, mais il sait manier la balle sur le parquet et construire une action », assure Dirk Nowitzki, l'intérieur allemand de Dallas. « Il est animé d'une passion et d'un allant incroyables, il apporte une énergie significative aux Clippers », analyse l'entraîneur de San Antonio Gregg Popovich, qui coachait la conférence Ouest - et donc Griffin.
La nouvelle idole des jeunes a aussi montré sa force de caractère ce week-end en marquant de son empreinte la grande fête du basket « Made in NBA » malgré le décès mercredi d'un de ses meilleurs amis d'enfance et coéquipier au lycée, atteint de la maladie de Hodgkin (cancer des ganglions).
C'est à lui qu'il a dédié samedi sa victoire dans le concours de smashes.

