Une poignée des touristes parcourt amusée ce capharnaüm : photographies, autographes, Beatles en miniature, porcelaines, exemplaires de leurs premiers disques et partitions.
"Beaucoup pensent qu'on est obsédé, mais collectionner est une passion, un virus dont ont a du mal à se défaire", déclare Rodolfo Vazquez, 53 ans, entré il y a 10 ans dans le livre Guinness des records pour avoir la collection sur les Beatles la plus importante au monde : 8 500 pièces.
Seul un tiers de la collection est exposé. Cette exposition sera permanente, mais renouvellera son contenu chaque année "afin de garder vive la flamme des Beatles", dit Vazquez.
Une poignée des touristes parcourt amusée ce capharnaüm : photographies, autographes, Beatles en miniature, porcelaines, exemplaires de leurs premiers disques et partitions.
Sur un mur, on peut voir la collection complète des premiers disques, datant des années 60, de la compagnie Vee-Jay Records, lorsque la vague des Beatles traversait l'Atlantique et stupéfiait l'Amérique.
Il y a des pièces "historiques", comme l'une des 5 000 briques vendues aux enchères lorsque le mythique club The Cavern, où le groupe est devenu célèbre en 1961 à Liverpool, a été démoli en 1983.
Ou une dalle de "Strawberry Fields", l'orphelinat qui a inspiré le tube de Lennon en 1967, sorti dans le même disque que "Penny Lane", ou encore un bout de la scène du "Star Club" de Hambourg, en Allemagne, où les Beatles ont donné leurs premiers concerts, avec Pete Best à la batterie.
Ceux qui préfèrent les documents personnels pourront découvrir une lettre de "Mimi" Smith, la tante de Lennon, se souvenant de son neveu enfant ou une autre de Louise, la soeur de George Harrison, qui évoque un concert du groupe au Palladium de Londres.
Il y a aussi des centaines de stylos, montres, broches, chewing-gums et toute sorte de petits objets insolites, témoins du boom commercial déclenché par les Beatles dans les années 60.
"Pour un collectionneur, tous les objets sont importants, mais la pièce la plus précieuse est pour moi un autographe de Lennon datant de 1972", dit Vazquez, qui est aussi propriétaire de The Cavern Argentina.
Ce bar, situé à côté du musée et inspiré du célèbre pub anglais, organise chaque année la "Semaine des Beatles", pendant laquelle se produisent des dizaines des groupes de toute l'Amérique latine qui rêvent de gagner un billet pour aller jouer dans le club de Liverpool.
"Le phénomène des Beatles est le seul à permettre une telle chose", souligne Vazquez, ajoutant : "Et les membres des groupes sont de plus en plus jeunes !".
Vazquez a contracté le virus à dix ans, lorsqu'il a écouté pour la première fois "In My Life", du disque "Rubber Soul", considérée l'une des chansons les plus belles de tous les temps par la revue Rolling Stone.
"Il nous manque toujours des choses, toute collection est infinie, mais ce que je désirerais le plus c'est de pouvoir un jour serrer la main de Paul ou de Ringo", dit, avec un mélange d'espoir et de résignation, celui qui a consacré toute sa vie aux Quatre de Liverpool.

