Au total, quelque 27 000 militaires américains se trouvent actuellement dans la région, a confié un responsable militaire américain à l'AFP. Sans compter l'Irak, où l'armée américaine compte toujours près de 50 000 militaires près de huit ans après l'invasion de 2003 et alors que sa mission de combat a pris fin le 31 août.
À Bahreïn, frappé à son tour par l'onde de choc des manifestations en Tunisie et en Égypte, les États-Unis disposent de 4 000 hommes, selon le responsable militaire américain interrogé par l'AFP. Ce petit royaume du Golfe, où l'opposition réclame la démission du gouvernement après la dispersion par la force d'un rassemblement pacifique, est d'une importance stratégique pour Washington qui y abrite le quartier général de sa Ve Flotte, responsable de la mer Rouge, du golfe Arabo-Persique et de la mer d'Arabie. Si seuls quatre navires démineurs américains sont basés à Manama, au moins un porte-avions, ses navires d'escorte, et les 80 avions et hélicoptères qu'il embarque se trouvent en permanence dans la zone, notamment pour soutenir les opérations en Afghanistan et contrer l'Iran.
La perte des facilités d'accès à un pays à la suite d'un changement de régime ne serait pas en soi catastrophique grâce au réseau tissé dans la région, mais la perte de tout ce maillage serait catastrophique, explique David Aaron, un ancien membre du conseil à la sécurité nationale et expert au centre de réflexion RAND. « Avant d'avoir cette base à Bahreïn, nous gérions la (Ve) flotte autrement. C'était dur pour les marins, mais ce n'était pas impossible », remarque-t-il.
En 2003, l'armée américaine s'est quasi totalement retirée d'Arabie saoudite pour s'implanter au Qatar et à Oman. Mais « ce qui peut être en jeu, c'est la capacité d'avoir des forces dans le Golfe pour rassurer nos alliés » contre l'Iran, située à l'est du Golfe, explique David Aaron. « Si nous perdions tout cela à cause des troubles, ce serait un coup terrible pour notre capacité à dissuader l'Iran », estime-t-il.
De l'Égypte jusqu'au Golfe, l'armée américaine dispose d'une quinzaine d'installations destinées à ravitailler les navires qui transitent dans la région. Elle dispose également de plusieurs centres logistiques, gérés par des entreprises telles que DynCorps, selon le site Internet spécialisé GlobalSecurity. L'armée y entrepose vivres, pièces détachées, véhicules et munitions.
Ce maillage permet de multiplier les options : au Yémen, près d'une centaine d'Américains entraînent les forces locales à la lutte antiterroriste. Mais des points d'appui dans des pays voisins comme Djibouti ou Oman peuvent constituer des sites pratiques pour lancer les drones Predator contre les forces d'el-Qaëda dans le pays.


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