Les étudiants ont tenté hier, pour la quatrième journée consécutive, de manifester à Sanaa, avant d’être pourchassés par les partisans du régime. Mohammad Huwais/AFP
Entre-temps à Sanaa, des centaines d'étudiants ont tenté, pour la quatrième journée consécutive, de marcher sur le palais présidentiel sur la place Sabiine, avant d'être sauvagement pourchassés par des partisans de M. Saleh, armés de gourdins, de poignards et de pierres. Ces derniers se sont acharnés sur les étudiants dès qu'ils sont sortis de l'université en scandant : « Le peuple veut provoquer la chute du régime », selon un correspondant de l'AFP sur place. Les manifestants ont riposté en lançant des pierres sur leurs agresseurs, qui les ont ensuite poursuivis jusque sur le campus, où la police a tiré des coups de feu en l'air pour disperser les deux camps. Au moins dix étudiants ont été blessés, selon le chef de l'Union des étudiants de l'université, Radwan Massoud. La veille, quelque 3 000 manifestants, la plupart des étudiants, avaient déjà tenté de se diriger vers le palais présidentiel avant d'être brutalement dispersés par les partisans du Congrès populaire général (CPG, parti du président Saleh). Trois manifestants avaient été blessés. « Les agissements des casseurs du CPG ne nous dissuaderont pas de continuer notre révolution pacifique », a affirmé à l'AFP M. Massoud. Signe de la violence dans la dispersion des marches, trois journalistes, dont un photographe d'Associated Press et un caméraman de la chaîne al-Arabiya, ont été battus par des partisans du CPG. Des centaines de juges se sont également rassemblés à Sanaa pour réclamer « l'indépendance du pouvoir judiciaire », la démission des membres du Conseil supérieur judiciaire et des hausses de leurs salaires.
Les manifestations qui se poursuivent depuis plusieurs jours dans le pays sont organisées à l'initiative d'étudiants et de composantes de la société civile. L'opposition parlementaire, qui a décidé de reprendre le dialogue avec le régime, est restée à l'écart de la contestation. Enfin, des centaines de fonctionnaires ont poursuivi une grève lancée dimanche à Aden, réclamant le départ de leurs directeurs et une hausse des salaires devant les bureaux de leurs entreprises.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine