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Liban

Beydoun : Le chiisme politique doit corriger ses erreurs

Mohammad Abdel Hamid Beydoun : Le 8 Mars, c’est « l’alliance des appétits, pas des minorités ». Photo Ibrahim Tawil

Voici de larges extraits du discours prononcé par l'ancien ministre Mohammad Abdel Hamid Beydoun :
« Ils prétendent que l'alternance au pouvoir a été douce et conforme aux règles. Cela fait six mois que le Liban vit sous une menace sans précédent de terreur. On ne peut donc pas considérer que l'alternance s'est faite démocratiquement.
« Tout gouvernement qui serait formé à la suite de ce coup d'État ne serait ni légitime ni conforme à la Constitution, et nous demandons au président de la République de ne pas signer de décret sous ce type de menaces.
« Pourquoi toute cette haine contre Saad Hariri ? On n'a jamais vu dans l'histoire du Liban une telle haine contre une personnalité de cette importance.
« D'une part, la "résistance" considère que ses armes sont sacrées. Mais, de l'autre côté, la majorité des Libanais estiment que le Tribunal international est sacré. Je rappelle que le premier fondement de la coexistence, si l'on veut de la coexistence, c'est de respecter ce qui est sacré chez toutes les parties.
« Je m'adresse à vous en tant que chiite du Liban-Sud, et je voudrais parler de l'expérience du chiisme politique. Va-t-il commettre les erreurs de ceux qui l'ont précédé ? L'iman Mohammad Hussein Fadlallah disait : "Ne vous laissez pas aller au culte de la personnalité." Il considérait que le dialogue, et non les armes, doit être la base pour le règlement des problèmes. Il disait aussi que les mouvements islamiques ne devraient pas se mobiliser sur un arrière-plan sectaire ou régionaliste. La résistance devrait donc être le fait de tous les Libanais.
« L'imam Moussa Sadr, pour sa part, disait que le Liban est une patrie définitive pour tous ses enfants. Il refusait toute priorité aux projets à caractère idéologique aux dépens des projets nationaux. Il voulait extirper la guerre des esprits et avait fait inscrire dans la charte du mouvement Amal qu'il était interdit de classer les citoyens en catégories. Aujourd'hui, le chiisme politique distribue les étiquettes. À ses yeux, la moitié des Libanais sont des traîtres et l'autre moitié des patriotes.
« L'imam Sadr affirmait que ses relations avec les responsables syriens étaient au service du Liban et non à ses dépens. Il assurait qu'aucun intérêt ne pouvait prévaloir sur celui du Liban. N'était-ce pas là une application du slogan du "Liban d'abord" il y a déjà plus de trois décennies ?
« Quant à l'imam Mohammad Mehdi Chamseddine, il demandait aux chiites libanais de ne pas avoir d'autre projet politique que celui de l'État libanais. C'est pourquoi nous invitons le chiisme politique à corriger ses erreurs. Il n'est pas trop tard pour rectifier le cours des choses.
« La résistance ne peut pas continuer à exister comme une armée indépendante échappant à tout contrôle. Il n'est pas possible que le Liban puisse continuer à abriter deux armées, la première, l'armée libanaise, qui est soumise au contrôle politique, et l'autre, la résistance, qui est au-dessus de tout contrôle. Si vous voulez rester une résistance, vous devez vous comporter comme l'armée libanaise, c'est-à-dire que vous ne devez pas vous mêler de politique.
« Ils exigent le tiers de blocage pour eux et l'interdisent aux autres. Ils ont le droit, eux, de réunir le Conseil supérieur chiite et d'en tirer quotidiennement des communiqués partisans. Mais lorsque le conseil chérié (sunnite) se réunit, on le critique.
« Parmi les exploits du chiisme politique, figure le document d'entente avec le CPL. De ce document qui a cinq ans d'âge et qui est réparti en dix articles, comportant chacun plusieurs points, rien n'a été mis en œuvre. Quel rôle peut donc avoir un tel document si aucun de ses points n'a été appliqué ?
« Prenons par exemple l'article 8 du texte, qui parle des relations avec la Syrie. Du moment qu'ils se disent alliés de la Syrie, pourquoi donc rien n'a été mis en œuvre de cet article ? S'agit-il vraiment d'un document d'entente ? Ne serait-ce pas plutôt un document de mensonges ? Certains pensent que ce texte incarne l'alliance des minorités. Ce que l'on constate, c'est qu'il s'agit plutôt de l'alliance des appétits et du partage de l'État entre les familles politiques. Nous approuvons chaque point du document d'entente. Mais qu'ils l'appliquent donc !
« Dans tous les pays du monde, les Chambres de députés travaillent de 800 à 1 000 heures par an. Chez nous, le Parlement travaille cinq heures par an.
« Il faut poursuivre les réformes de Taëf, puis faire évoluer ce texte et traiter tous ses points faibles et ses lacunes. Aujourd'hui, le président de la République et le Premier ministre sont devenus des clercs chez certains seigneurs de la guerre qui leur imposent leurs vues sur les ministrables et les portefeuilles.
« Le TSL a subi de nombreuses campagnes, mais le tribunal n'est pas le fruit d'un complot. Tout ce qui sort des Nations unies n'est pas un complot, et nous ne pouvons pas édifier des relations avec le monde sur la base de la théorie du complot. Cette théorie est la cause des défaites des Arabes. Elle représente un repli sur soi. »
Voici de larges extraits du discours prononcé par l'ancien ministre Mohammad Abdel Hamid Beydoun :« Ils prétendent que l'alternance au pouvoir a été douce et conforme aux règles. Cela fait six mois que le Liban vit sous une menace sans précédent de terreur. On ne peut donc pas considérer que l'alternance s'est faite démocratiquement.« Tout gouvernement qui serait formé à la suite de ce coup d'État ne serait ni légitime ni conforme à la Constitution, et nous demandons au président de la République de ne pas signer de décret sous ce type de menaces.« Pourquoi toute cette haine contre Saad Hariri ? On n'a jamais vu dans l'histoire du Liban une telle haine contre une personnalité de cette importance.« D'une part, la "résistance" considère que ses armes sont sacrées. Mais, de l'autre côté, la majorité des...
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