Le projet parisien a reçu un « oui » massif de la part des 195 élus de l'assemblée générale de la FFT pour battre en trois sets secs les dossiers de délocalisation. Gonesse (nord de Paris), Versailles et Marne-la-Vallée (Sud-Est) ont tour à tour cédé pour offrir à Paris la majorité des deux tiers requise.
L'avis du comité de direction, qui s'était prononcé dans des proportions similaires pour Paris dès vendredi, a pesé lourd dans la décision finale. Dans le camp des battus, où le « fair-play » était de rigueur, on s'est surtout ému des concessions de dernière minute du maire de Paris, Bertrand Delanoë, qui auraient fait pencher la balance en faveur de la capitale.
Jean Gachassin, le président de la FFT, n'a pas caché que ces « propositions formidables » (pas de clause de revoyure du bail, subvention de vingt millions d'euros, octroi de bâtiments supplémentaires) avaient servi de « déclic ».
« Il y a quinze jours, j'ai été attiré par Versailles, je me disais qu'on allait y faire quelque chose de merveilleux. Mais Paris, avec ses dernières propositions, est devenu un excellent dossier », a même reconnu M. Gachassin, « refroidi » par le « risque juridique » présenté par le projet versaillais.
Au lieu de migrer en 2016 vers un complexe moderne et presque trois fois plus grand, Roland-Garros va donc rester sur son site historique qui sera porté de 8,5 à 13,5 hectares en annexant une partie des serres d'Auteuil. Il n'en restera pas moins le plus petit des quatre levées du grand chelem. Petit mais costaud, a répondu M. Gachassin en parlant d'un tournoi qui permettra « de briller dans le monde entier pour des décennies, à contre-courant du gigantisme à la mode ».
« Roland-Garros a une image forte, unique et un rayonnement mondial parce que nous sommes à Paris. Ne pas tenir compte de ce positionnement exceptionnel serait céder à la facilité et manquer de courage », a ajouté M. Gachassin.
Le poids de la tradition et du prestige l'a donc emporté, au détriment des grands espaces. Reste que le projet parisien risque désormais de faire face à des recours juridiques de la part des écologistes et des riverains, notamment au sujet de l'extension sur une partie des serres d'Auteuil.

