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Moyen Orient et Monde - Analyse

Les révolutions ne garantissent pas la démocratie

Des centaines de milliers de manifestants dans les rues, des slogans scandés, des pancartes brandies, la démission ou la fuite du despote décrié : mais ensuite ? Cette question ne se pose pas seulement aux Égyptiens dont la mobilisation a eu raison vendredi du président Hosni Moubarak. Elle surgit à l'issue de chaque révolution populaire menée contre des régimes tyranniques en place depuis des décennies.
La vague d'euphorie qui suit la chute d'un régime autocratique est souvent éphémère et s'efface devant l'urgence de mettre en place une société juste et démocratique et de répondre aux attentes des manifestants. Selon les études consacrées aux libertés dans le monde, les résultats sur le long terme des soulèvements populaires, à l'image de ceux qui viennent de se produire en Égypte et en Tunisie, où le président Ben Ali a fui le 14 janvier dernier, sont mitigés. « De nombreuses périodes de transition qui suivent des régimes autoritaires n'ouvrent pas la voie à la liberté », note ainsi un rapport sur l'évolution des libertés dans le monde publié en 2005 par l'organisation de défense des droits de l'homme Freedom House. Sur les 67 pays étudiés dans le rapport, 35 sont « libres », 23 sont « partiellement libres » et neuf sont « non libres ».
Parmi les solutions proposées par l'organisation américaine pour favoriser la mise en place d'une démocratie durable, la création d'une coalition civile et la poursuite de la non-violence de l'opposition figurent en bonne position. À l'inverse, les analystes estiment que les chances se réduisent considérablement en cas d'arrangement entre l'opposition et l'armée. Daniel Serwer, un ancien responsable du département d'État américain, prend pour exemple la Serbie où les manifestants ont promis aux forces de sécurité qu'elles ne seraient pas poursuivies pour les actes qui ont contribué à chasser le président yougoslave Slobodan Milosevic en 2000. « Cet accord pèse sur la transition démocratique du pays », estime M. Serwer, de la Johns Hopkins School of Advances International Studies. « Les Égyptiens vont très probablement rencontrer un problème du même ordre : ils se sont appuyés sur l'armée pour évincer Moubarak. La question est maintenant de savoir si les forces armées permettront à la révolution d'aller jusqu'au bout », a-t-il ajouté.
Aux yeux de certains analystes, les chances de voir un résultat sur le long terme augmentent si le pays a un passé démocratique.
Des centaines de milliers de manifestants dans les rues, des slogans scandés, des pancartes brandies, la démission ou la fuite du despote décrié : mais ensuite ? Cette question ne se pose pas seulement aux Égyptiens dont la mobilisation a eu raison vendredi du président Hosni Moubarak. Elle surgit à l'issue de chaque révolution populaire menée contre des régimes tyranniques en place depuis des décennies.La vague d'euphorie qui suit la chute d'un régime autocratique est souvent éphémère et s'efface devant l'urgence de mettre en place une société juste et démocratique et de répondre aux attentes des manifestants. Selon les études consacrées aux libertés dans le monde, les résultats sur le long terme des soulèvements populaires, à l'image de ceux qui viennent de se produire en Égypte et en Tunisie, où le...
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