Mme Ranaa Rahim féministe jusqu’au bout des ongles veut encourager les femmes libanaises a faire respecter leurs droits.
Mme Rahim tient à aider les femmes libanaises « à faire respecter leurs droits, à ne plus avoir peur d'être elles-mêmes et à être acceptées pour ce qu'elles sont ». « Je veux encourager les Libanaises. Elles ne doivent pas avoir peur. Il faut qu'elles sachent qu'elles ne perdront rien et qu'elles gagneraient beaucoup si elles luttaient pour leurs propres droits », dit-elle.
« Les femmes sont superficiellement libérées au Liban ; elles ne sont pas assez présentes au Parlement et dans la vie politique. Je suis devenue consciente graduellement de ce fait : dans ce pays, les femmes ne sont libérées qu'en apparence », ajoute-t-elle.
Elle s'insurge : « Comment les femmes peuvent-elle se sentir à l'aise dans leur vie quotidienne quand on abuse de leurs droits ? Il y a des femmes qui ont l'air d'aller très bien mais qui sont terriblement abusées par leurs maris. Elles sont très bien habillées, elles portent des bijoux... Il faut dire aux femmes libanaises : arrêtez d'avoir peur de paraître telles que vous êtes. Ce sont les hommes qui veulent qui vous soyez comme ça. Vous devez pouvoir arriver au point de dire aux hommes : vous devez nous accepter telles que nous sommes. »
La diplomate parle de son expérience avec les associations civiles qui s'occupent des droits des femmes. « J'ai eu des interactions avec des Libanaises qui sont des activistes de la société civile mais je sens que les femmes ne font pas assez. J'ai voulu leur parler de notre expérience au Pakistan, leur dire que les Pakistanaises ont beaucoup plus de droits que les Libanaises », s'exclame-t-elle avec passion. « J'ai toujours dit aux femmes libanaises que si vous sentez que vos droits sont bafoués, vous devez être les premières à lutter contre cela, c'est ce que les femmes pakistanaises avaient fait », ajoute-t-elle.
Elle parle de l'expérience pakistanaise : « Nous avons des femmes activistes que les hommes craignent vraiment. Elles ont travaillé de toutes leurs forces pour que leurs droits soient respectés. Nous sommes 170 millions d'habitants au Pakistan. Bien sûr que les femmes font toujours face à d'horribles problèmes dans les zones éloignées, dans le système féodal... Mais au début des années quatre-vingt, des femmes faisant partie de l'élite intellectuelle et sociale ont pris la tête d'un mouvement appelé le Forum de l'action des femmes et elles ont réussi à changer les choses. Ces femmes, considérées comme des élites sociales, ont pris la rue et ont manifesté, elles ont été arrêtées. Leurs maris et leurs pères étaient en état de choc quand ils s'étaient présentés pour les libérer car ils n'avaient jamais mis les pieds dans un commissariat de police. Ces femmes n'ont pas lâché prise. Et elles ont promis de redescendre dans la rue si jamais les dossiers concernant les droits des femmes ne sont pas réglés. Ces Pakistanaises qui ont mené la bataille féministe se sont arrêtées de visiter les salons et de mettre des vêtements chers et à la mode. Elles voulaient que les hommes les acceptent telles qu'elles étaient. Les Libanaises ne doivent donc pas avoir peur. »
Et comme pour rassurer encore les Libanaises, leur dire que le changement est possible, elle ajoute que « quels que soit la puissance ou le rang du mari au Pakistan, s'il divorce de sa femme, elle peut avoir recours à un groupe d'avocates très puissantes qui les aident pour que leurs droits soit respectés. Ce petit groupe de femmes par rapport au nombre de la population au Pakistan a pu constituer un groupe de base. Ces femmes ont pu changer la loi, même s'il reste encore un long chemin à faire. Maintenant au moins les femmes dont les droits sont bafoués savent vers qui se tourner ».
« Le Liban est certes un pays moderne et progressiste, mais les femmes libanaises doivent s'organiser ensemble quelles ques soient leurs croyances pour changer les choses et faire respecter leurs droits », souligne-t-elle en conclusion.

