Dans ce rapport intitulé "Corps brisés, esprits torturés", l'organisation de défense des droits de l'Homme basée à Londres estime qu'il y a actuellement 30.000 hommes et femmes détenus en Irak, dont certains dans des prisons secrètes gérées par les ministères de l'Intérieur et de la Défense.
"Depuis 2004, les suspects détenus par les autorités irakiennes sont systématiquement torturés et des dizaines d'entre eux sont morts des suites de sévices," accuse Amnesty.
Parmi les tortures qui lui ont été rapportées au fil des ans, Amnesty cite "le viol et les menaces de viol, les coups de câble et de tuyau d'arrosage, les décharges électriques, la suspension par les bras et les jambes, le corps percé au moyen d'une chignole, des sacs en plastique mis sur la tête pour empêcher la respiration, les oncles de pieds arrachés et des membres fracturés".
Elle précise que "des enfants, des femmes et des hommes ont été soumis à ces pratiques".
Le Tribunal pénal central, qui siège à Bagdad et dans d'autres provinces, condamne souvent les accusés en se basant sur ces "aveux, en dépit de preuves évidentes de torture dans de nombreuses affaires".
Samedi, le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki avait qualifié de "mensonges" les allégations sur l'existence de prisons secrètes en Irak, rapportées par l'organisation Human Rights Watch.
"Les détenus sont des individus impliqués dans des attaques, des gangsters, des miliciens, des membres d'Al-Qaïda ou du parti Baas. Nous n'avons pas besoin de garder le secret sur les prisons", avait-il dit.
Amnesty juge "très éloigné de la réalité de l'ampleur des violences commises" le rapport annuel 2009 du ministère irakien des Droits de l'Homme, qui avait enregistré 509 allégations d'actes de torture imputés aux forces de sécurité irakienne.
Amnesty reproche par ailleurs aux forces américaines d'avoir transféré aux autorités irakiennes à partir de 2009 les prisonniers qu'elles détenaient, sans que ne soient prises des mesures de protection strictes pour éviter qu'ils soient torturés.
"Le gouvernement américain a ignoré ces avertissements, et aucune garantie efficace en matière de droits de l'Homme n'a été mise en place", déplore le rapport.


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