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Liban - Éclairage

Une approche innovante du montage ministériel

Le président de la République et le Premier ministre désigné se sont entendus sur un panel de critères devant orienter la composition du cabinet. Le principe premier étant de s'éloigner de ce travers traditionnel qu'est le copartage. Autant que faire se peut, bien entendu, car la représentation politique impose inévitablement des options partagées, communautaires, régionales, ou autres. Pour se dégager de ce carcan, certains littéraires recommandent le symbolisme. Il faudrait, selon eux, que la représentation des collectivités reste de qualité plus que de quantité. Qu'on s'assure que toutes les forces soient présentes, sinon directement, du moins par délégation, par procuration. Autrement dit, 14 ministres pourraient aussi faire l'affaire, en termes de représentation, que 30. L'essentiel, soulignent ces sources, étant d'obtenir une composition bien homogène et cohérente, pour un travail d'équipe utile. Les objectifs étant la stabilité politique et sécuritaire ainsi que le chantier socio-économique, trop délaissé, à l'heure où les prix flambent, dans le sillage de l'essence.
Selon ses visiteurs, Nagib Mikati ne lie l'annonce de son gouvernement à aucune date, à aucune étape ou station. Elle ne serait tributaire que des contacts et concertations en cours. Ils ajoutent que l'intéressé souhaite une diligence maximale, mais tient à éviter toute précipitation. Il voudrait bien, reconnaissent ses proches, que le 14 Mars se fasse douce violence, et accepte de participer à un cabinet d'union. Partant de là, les choses ne sont pas encore finalisées. Ces sources démentent donc la rumeur qui prétend que Mikati a déjà sa liste en poche. Elles précisent que le principal problème concerne la représentation maronite, alors que pour les autres communautés, aux choix déjà connus, il ne se présente que des détails secondaires à régler.
Quoi qu'il en soit, les tractations s'avèrent suffisamment compliquées pour que Nagib Mikati ait besoin de recourir au concours actif de proches, dont son frère Taha, et de conseillers fidèles, chargés de certains contacts. L'on a beaucoup parlé d'un retard imputable à l'agenda. Mais dans l'entourage du Premier ministre désigné l'on affirme qu'il ne tient pas compte, pour son annonce, du meeting du 14 Mars pour le 14 février. Son seul souci, ajoute-t-on, est de parvenir à une formule bien équilibrée. Ce qui induit le rejet d'un gouvernement monolithique, aux seules couleurs du 8 Mars.
Concernant le problème essentiel du TSL, Mikati souligne que pour toute modification, il faudrait une unanimité nationale et une couverture arabe. En tenant de tels propos, il démontrerait, selon nombre d'observateurs, que sa désignation n'est pas le simple fruit d'un diktat du Hezbollah, qu'il n'est donc pas à la solde, ou à la merci, de ce parti. Formation qui lui a dépêché un de ses dirigeants, hajj Hussein Khalil, pour des éclaircissements sur ses déclarations aux médias étrangers. Le Hezb précise cependant qu'aucune condition n'est posée à Mikati, dont il souhaite faciliter la tâche au maximum.
Mais cette attitude ne vaut manifestement pas pour l'ensemble du 8 Mars. Car le général Michel Aoun multiplie les revendications avancées : il veut trancher pour la représentation chrétienne. Et il refuse un éventuel tiers de blocage au 14 Mars, ainsi que tout ministre au président.
Retour à Mikati. Les diplomates occidentaux ou arabes qui l'ont sondé ont transmis à leurs gouvernements des réponses rassurantes. Notamment au sujet du TSL, le Premier ministre désigné réaffirmant la nécessité pour le Liban de respecter ses engagements internationaux. En sus, bien entendu, de ce qu'il a dit au sujet de l'unanimité nécessaire (et impossible, en fait) pour changer les choses à ce propos. L'Union européenne tient, autant que les Américains et même les Russes, au TSL, en rejetant donc catégoriquement les prétentions d'éviction que déploie le Hezbollah. Selon des sources informées, les diplomates croient volontiers Mikati quand il laisse entendre qu'il est venu sans parachutage local, régional ou international, et sans se voir imposer des conditions déterminées par les uns ou par les autres. Dès lors, il n'a rien signé, en faveur de personne.
Il reste que les Occidentaux espèrent que Mikati saura faire avorter les trois points du Hezbollah : l'arrêt du financement du TSL, le rappel des juges libanais et la dénonciation du protocole conclu avec l'ONU. En réalité, ils n'insistent pas beaucoup sur les deux premiers points : le financement et les juges libanais peuvent facilement se compenser, sans que le TSL n'en souffre. Les capitales relèvent par contre que nul, à part le Conseil de sécurité (et encore), ne peut toucher au protocole signé ou au TSL.
Le président de la République et le Premier ministre désigné se sont entendus sur un panel de critères devant orienter la composition du cabinet. Le principe premier étant de s'éloigner de ce travers traditionnel qu'est le copartage. Autant que faire se peut, bien entendu, car la représentation politique impose inévitablement des options partagées, communautaires, régionales, ou autres. Pour se dégager de ce carcan, certains littéraires recommandent le symbolisme. Il faudrait, selon eux, que la représentation des collectivités reste de qualité plus que de quantité. Qu'on s'assure que toutes les forces soient présentes, sinon directement, du moins par délégation, par procuration. Autrement dit, 14 ministres pourraient aussi faire l'affaire, en termes de représentation, que 30. L'essentiel, soulignent ces sources,...
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