Abdelaziz Bouteflika a notamment ordonné hier à son gouvernement d’adopter des mesures favorables à la création d’emplois. Joël Robine/AFP
Instauré en 1992 après l'annulation par l'armée du second tour des élections législatives que le Front islamique du salut (FIS) était sur le point de remporter, l'état d'urgence était présenté par les autorités comme une mesure nécessaire à la « lutte antiterroriste ». Dans les années 1990, le gouvernement a justifié son maintien par son combat contre les maquis islamistes puis, plus récemment, contre el-Qaëda au Maghreb islamique (AQMI), structure au sein de laquelle se sont regroupés les derniers rebelles n'ayant pas renoncé à la lutte armée.
Hormis à Alger, les manifestations, interdites dans le cadre de l'état d'urgence, sont désormais autorisées « pour autant que les demandes et les conditions exigées par la loi soient réunies », a ajouté le chef de l'État algérien, toujours cité par APS. La wilaya (préfecture) d'Alger « fait exception dans ce domaine pour des raisons d'ordre public bien connues », a-t-il souligné.
De ce fait, la manifestation du 12 février devrait demeurer illégale aux yeux des autorités. Des associations, des syndicats et des formations d'opposition ont lancé un appel à manifester en faveur de réformes démocratiques.
L'opposition au Front de libération nationale (FLN), au pouvoir depuis l'indépendance en 1962, a toutefois obtenu hier une autre mesure susceptible de la satisfaire. La radio et la télévision publiques sont ainsi priées d'ouvrir davantage leurs antennes à l'ensemble des partis et de couvrir leurs activités. Cette mesure s'accompagne toutefois d'une mise en garde présidentielle. « La liberté ne devra pas aboutir, dans quelque circonstance que ce soit, aux dérapages ou à l'anarchie auxquels l'Algérie a déjà versé un lourd tribut », a déclaré Abdelaziz Bouteflika.
Le chef de l'État a également ordonné à son gouvernement d'adopter des mesures favorables à la création d'emplois.
Pays riche en hydrocarbures, l'Algérie semble disposer des moyens nécessaires au financement de mesures d'apaisement social alors que le cours du pétrole atteint 100 dollars le baril.


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