Selon les chiffres des ministères de la Santé, de la Défense et de l'Intérieur, 259 Irakiens -159 civils, 45 militaires et 55 policiers- ont perdu la vie dans des attaques en janvier. En septembre, 273 Irakiens avaient péri dans les violences.
Selon la même source, 263 personnes ont par ailleurs été blessées dans des violences (178 civils, 95 policiers et 90 soldats) en janvier.
Soixante-cinq insurgés ont été tués et 295 arrêtés selon la même source.
L'augmentation du nombre de morts en Irak -151 Irakiens avaient péri en décembre- s'explique principalement par une série d'attentats particulièrement sanglants à partir du 18 janvier, quand un kamikaze s'est fait exploser près d'un centre de recrutement de la police à Tikrit, au nord de Bagdad, tuant 50 personnes.
Les insurgés sunnites ont également multiplié les attaques contre les chiites, qui se sont rendus par millions à Kerbala, à 110 km au sud de Bagdad, pour l'Arbaïn, un des pèlerinages majeurs du chiisme.
Un attentat à la voiture piégée lors d'une cérémonie de condoléances dans un quartier chiite de Bagdad a par ailleurs fait au moins 48 morts jeudi.
Cette recrudescence de violences contraste avec l'accalmie relative observée après la conclusion en novembre d'un accord de partage de pouvoir qui a permis l'investiture d'un gouvernement en décembre, neuf mois après les législatives.
Dans son bilan annuel pour 2010, l'ONG Iraq Body Count (IBC), basée en Grande-Bretagne, s'était inquiété d'un ralentissement de la réduction annuelle du nombre de civils tués en Irak.
"Toute réduction du niveau de violence est à saluer, mais le ralentissement de cette baisse indique qu'un minimum infranchissable pourrait être atteint", indiquait l'ONG, qui craignait "la persistance dans les années à venir d'un conflit à faible échelle qui continue de tuer un nombre similaire de civils."
Côté américain, six soldats américains ont péri en janvier, dont cinq dans des attaques, soit le mois le plus meurtrier depuis septembre. Cela porte à 4.436 le nombre de militaires américains morts en Irak depuis l'invasion conduite par les Etats-Unis en 2003, qui avait précipité la chute du régime de Saddam Hussein, selon un bilan de l'AFP se fondant sur le site indépendant www.icasualties.org.

