M. Raad, qui s'exprimait lors d'un meeting à Yohmor, dans le caza de Nabatiyeh, a presque défini le programme d'action de la nouvelle équipe ministérielle, critiquant vivement ceux qui essayaient, selon lui, d'ébranler la Résistance. « Ceux qui vivent le cauchemar des armes de la Résistance et qui bâtissent leurs activités politiques ou leurs démarches au pouvoir et même leurs relations régionales et internationales sur le projet de désarmement du Hezbollah n'ont pas une bonne lecture de la situation », a-t-il dit. « Ils ne redoutent pas les armes, mais la volonté ferme qui soutient ces armes. C'est l'esprit, la culture et la volonté de résistance qu'ils essaient de briser », a-t-il fulminé, affirmant que celle-ci ne peut pas être cassée et estimant de nouveau que l'objectif du Tribunal spécial pour le Liban est de neutraliser la Résistance.
Selon lui, c'est parce que la majorité a fait de mauvais calcul qu'elle a perdu. « Mais nous avons doublé ces gens aujourd'hui et lancé un nouveau processus avec la formation d'un nouveau gouvernement qui, nous l'espérons, saura ce que souhaite le peuple libanais et établira les programmes pour affronter les plans visant l'intérêt national », a-t-il dit.
Affirmant que « le Hezbollah n'a pas d'adversaires intérieurs ou extérieurs, à l'exception d'Israël », il a indiqué que son parti « continue de tendre la main, même à ceux qui ont perdu le chemin, dans l'espoir de sauver quelques-uns d'entre eux ». M. Raad a aussi fait valoir que « c'est pour cette raison que le parti de Dieu souhaite que la mise en place de la nouvelle équipe prenne tout son temps en vue de la formation d'un gouvernement d'union dont les membres coopéreront ensemble sur base d'une nouvelle vision des choses, pour pouvoir faire face à Israël et à ses plans. « Finis les slogans, les cris et les lamentations. "Ils" ne changeront rien à la nouvelle réalité et ne permettront pas un retour en arrière. Ce qui s'est passé est passé et nous sommes entrés dans une nouvelle phase », a poursuivi le député.
Le mufti jaafari, Ahmad Kabalan, a également appelé à un gouvernement d'union nationale « qui commencera par déraciner la classe politique pourrie ». « Nous avons assez des surenchères, des mensonges, des supercheries et de l'hypocrisie. Nous avons besoin de sincérité et non pas de clientélisme. Nous devons aussi demander des comptes aux traîtres, qui qu'ils soient, présidents ou ministres, surtout parmi ceux qui ont trahi leur peuple, durant la guerre de juillet 2006 », a-t-il fulminé lors d'un meeting dans le village de Nmayré.
Dans les rangs aounistes, on appelle en revanche à la mise en place d'un gouvernement homogène. « L'étape actuelle nécessite la prise de décisions qui puissent être exécutées », a ainsi déclaré à Télé Liban le député Nagi Gharios, membre du bloc de la Réforme et du Changement, en notant que « le pays traverse des crises à multiples facettes, économiques, politiques, sociales et administratives ». La dernière est plus importante, selon lui, et commande « un pourvoi aux nombreux postes vacants ». Ceux-ci doivent être confiés à des personnes responsables qui cherchent à combattre la corruption galopante, a-t-il dit, avant de souligner que la déclaration ministérielle doit mettre en relief « l'engagement du gouvernement à protéger le Liban contre Israël, l'implantation palestinienne, les retombées de l'acte d'accusation, exploité afin d'ébranler la stabilité libanaise ». « Il faut, a-t-il insisté, que le gouvernement soit homogène, capable de prendre des décisions applicables et d'autres difficiles et nécessaires pour protéger des postes ou des parties déterminés. »
Prié de commenter les propos du Premier ministre sortant, Saad Hariri, qui a attribué sa chute à « un ordre de mission extérieur préparé depuis des mois », M. Gharios a déclaré : « Il parle de lui-même parce qu'il est venu au pouvoir qu'il a exercé grâce à un ordre de mission extérieur qu'il essaie aujourd'hui d'attribuer à d'autres. »
Nehmetallah Abi Nasr a également appelé à la mise en place d'une équipe homogène, estimant, dans une déclaration radiodiffusée, que le Premier ministre devrait être soutenu dans ce sens. L'idéal pour lui reste la paticipation de tous à un gouvernement de salut. « En cas d'échec à ce niveau, un gouvernement monochrome verra le jour », a-t-il dit, en estimant que M. Mikati est capable de sortir le pays de la crise, « parce qu'il est centriste et qu'il appelle au dialogue et à l'entente ».
Concernant le Tribunal spécial pour le Liban, M. Abi Nasr a indiqué que tous les Libanais souhaitent la justice et la vérité. « Mais son abrogation n'est plus aux mains du Liban. Nous avons cependant la possibilité de l'embaumer et de court-circuiter ses décisions au cas où il s'avérerait biaisé et politisé », a-t-il dit.

