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Moyen Orient et Monde - Manifestations

Sous la pression de la rue, le gouvernement égyptien tombe

Au moins 20 morts hier, le couvre-feu décrété, l'armée appelée en renfort ; la communauté internationale s'inquiète grandement de la situation qui dégénère.
Au moins vingt personnes ont été tuées et des centaines d'autres blessées hier en Égypte lors d'affrontements entre manifestants et forces de l'ordre. Ces 20 morts portent à 27 le nombre de personnes tuées depuis mardi dans tout le pays.
Le président Hosni Moubarak, dont des centaines de milliers de manifestants ont réclamé le départ hier à travers tout le pays, a annoncé dans la nuit de « nouvelles mesures » pour la démocratie, lors d'une allocution télévisée au quatrième jour des manifestations. Il a en outre indiqué avoir limogé son gouvernement et annoncé la formation d'un nouveau cabinet dès aujourd'hui. Auparavant, il avait demandé à l'armée, épine dorsale de son régime, de faire respecter la sécurité avec la police qui a semblé débordée par la mobilisation populaire sans précédent. Par ailleurs, le couvre-feu a été décrété au Caire, à Alexandrie et à Suez, entre 18h00 et 07h00, heure locale, et ce jusqu'à nouvel ordre. Avant l'intervention de M. Moubarak, le président du Parlement avait déclaré que la situation était « entre les mains sûres » du président.
Sur le terrain, en soirée, des soldats lançaient des signes de victoire à des milliers de manifestants ayant bravé le couvre-feu dans la capitale et des policiers serraient la main de manifestants, selon un journaliste de l'AFP. Toujours au Caire, un peu plus tôt, les manifestants ont mis le feu au siège du Parti national démocrate (PND), au pouvoir. Dans la journée, ils avaient incendié deux commissariats de la capitale. Dans la matinée, dès la fin des prières musulmanes, des milliers de personnes sont descendues dans la rue pour ce « vendredi de la colère », à l'appel du Mouvement du 6 avril, un groupe de jeunes prodémocratie qui s'est inspiré de la « révolution du jasmin » ayant chassé le président Zine el-Abidine Ben Ali de Tunisie. Aux cris d'« À bas Hosni Moubarak » et « le peuple veut la chute du régime », les manifestations se sont étendues à tout Le Caire, une métropole de 20 millions d'habitants, et ont gagné les principales villes du pays. Les policiers ont eu recours à des gaz lacrymogènes, des balles en caoutchouc et des canons à eau pour disperser les manifestants. Cinq personnes ont été tuées et des centaines d'autres blessées, selon des sources médicales.
L'opposant le plus en vue, Mohamed el-Baradei, l'ex-chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), qui s'est dit prêt à mener une transition au pouvoir après un éventuel départ de M. Moubarak, et les Frères musulmans (opposition) ont participé aux manifestations.
« Liberté ! », ont scandé les manifestants sous les regards de policiers déployés avec boucliers et casques à visière, près de la célèbre mosquée al-Azhar, au Caire. À Suez, treize personnes ont trouvé la mort lors d'affrontements entre manifestants et forces de l'ordre et à Mansoura (Nord) deux autres ont péri dans les mêmes circonstances, selon des témoins. À Alexandrie (Nord), deuxième ville d'Égypte, la police a tiré des gaz lacrymogènes et des balles caoutchoutées pour disperser des milliers de manifestants qui ont incendié le siège du gouvernorat. À Mansoura, certains imams ont appelé à « sortir et demander le changement ». Des affiches du parti au pouvoir ont été arrachées.
Au plan des réactions internationales, le Pentagone a indiqué que le chef d'état-major égyptien, Sami Anan, qui conduisait une délégation militaire pour des entretiens à Washington prévus jusqu'à mercredi, retournait en Égypte. La Maison-Blanche s'est dit « très préoccupée » et a appelé Le Caire à respecter les droits des Égyptiens. La chef de la diplomatie américaine, Hillary Clinton, a invité M. Moubarak à « faire tout ce qui est en son pouvoir pour réfréner les forces de l'ordre » et a réclamé des réformes « immédiates ». Le Pentagone a, lui, appelé l'armée à faire preuve de « retenue ». Un responsable américain a prévenu que les États-Unis pourraient revoir leur aide, notamment militaire, en fonction de la réponse des autorités aux manifestations. La diplomate en chef de l'Union européenne, Catherine Ashton, a appelé à la libération « immédiate et sans condition » des manifestants arrêtés. Londres a appelé à des « réformes », alors que Berlin demandait à M. Moubarak d'autoriser les « manifestations pacifiques ». Paris a appelé à « la retenue » et « au dialogue », alors que Rome réclamait la « fin immédiate de tout type de violence ».
Mme Clinton a en outre appelé le gouvernement égyptien à mettre fin au blocage « sans précédent » des communications dans le pays. L'Internet et les services de téléphonie mobile, qui ont joué un rôle-clé dans la mobilisation populaire, étaient en effet coupés dans le pays. Une première par son ampleur pour l'Internet, selon des experts.
Enfin, plusieurs pays ont demandé à leurs citoyens de ne pas se rendre en Égypte et plusieurs voyagistes ont annulé leurs réservations vers ce pays.

Au moins vingt personnes ont été tuées et des centaines d'autres blessées hier en Égypte lors d'affrontements entre manifestants et forces de l'ordre. Ces 20 morts portent à 27 le nombre de personnes tuées depuis mardi dans tout le pays.Le président Hosni Moubarak, dont des centaines de milliers de manifestants ont réclamé le départ hier à travers tout le pays, a annoncé dans la nuit de « nouvelles mesures » pour la démocratie, lors d'une allocution télévisée au quatrième jour des manifestations. Il a en outre indiqué avoir limogé son gouvernement et annoncé la formation d'un nouveau cabinet dès aujourd'hui. Auparavant, il avait demandé à l'armée, épine dorsale de son régime, de faire respecter la sécurité avec la police qui a semblé débordée par la mobilisation populaire sans précédent. Par...
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