Rechercher
Rechercher

Liban - La Situation

Les contours de la prochaine étape politique commencent à se dessiner

Au premier jour des consultations parlementaires du Premier ministre désigné, les contours du prochain gouvernement et de l'étape politique à venir ont commencé à se dessiner.
Le bloc du Courant du futur a donné la note hier de cette prochaine étape en réclamant ouvertement à Nagib Mikati un engagement écrit clair en faveur du tribunal de l'ONU. « Nous avons demandé au Premier ministre désigné de clarifier sa position (concernant le TSL) et de la mentionner explicitement dans la déclaration de politique générale » du futur gouvernement, a affirmé le député Fouad Siniora, au nom du groupe parlementaire de M. Hariri, maintenant le flou sur la participation du groupe au futur cabinet.
Dans une déclaration faite la veille, le Premier ministre désigné avait scindé cette problématique en deux, indiquant qu'« arrêter le tribunal n'est plus aujourd'hui une décision libanaise ». Mais, a-t-il souligné, « la coopération du Liban avec le TSL est une autre affaire ».
Pour sa part, le général Michel Aoun a affirmé clairement avoir demandé à M. Mikati d'arrêter la coopération avec le TSL.
Le groupe parlementaire du Hezbollah a nié avoir imposé à M. Mikati une condition concernant le TSL. « Nous n'avons présenté aucun cahier des charges au Premier ministre désigné », a déclaré à la presse Mohammad Raad, chef du groupe.

Le point de vue de Mikati
L'un des premiers soucis de M. Mikati est de se débarrasser aussi vite que possible du stigmate d'avoir été « désigné par le Hezbollah », qui lui a été collé dès sa nomination.
« Je ne suis pas partie au conflit », a-t-il affirmé hier à L'Orient-Le Jour. Je n'ai pas pris d'engagement écrit avec le Hezbollah pour que j'en prenne un autre, contradictoire, avec le 14 Mars. Je suis là pour gérer au mieux de mes possibilités et le plus vite possible une sortie de crise.
« Le dossier du tribunal, a ajouté le Premier ministre désigné, sera confié à la conférence de dialogue national, sous la présidence du chef de l'État. »
Priée de préciser ce que ferait Nagib Mikati si la majorité exige que l'affaire des faux témoins soit inscrite en tête de l'ordre du jour du premier Conseil des ministres, comme elle le réclamait avant la chute du gouvernement Hariri, une source proche de M. Mikati a répété que tous les sujets conflictuels seront déférés à la conférence de dialogue.

Une menace mortelle
Dans un entretien à la télévision al-Arabiya, M. Mikati a réaffirmé que sa décision a été prise quand il a réalisé que le Liban « risquait d'être détruit », si la situation conflictuelle était allée au terme des options prises par les uns et les autres. « J'ai voulu épargner au Liban les épreuves que je voyais venir », a-t-il ajouté.
À ce propos et selon l'ancien député Nasser Kandil, qui s'exprimait sur la LBC, les « hommes en noir » qui avaient investi les rues n'étaient que « la tête de l'iceberg ». Un mouvement d'insubordination allait être déclenché, qui allait englober une cassure au sein des FSI et du corps de la magistrature, a ajouté l'ancien élu.
« Ma décision était libanaise a encore dit M. Mikati. Après l'avoir prise, j'ai pris contact avec les groupes parlementaires. Certains ont accepté, d'autres pas. Le Hezbollah fait partie des groupes qui ont dit " oui ". Je ne suis donc l'otage de personne, tout en remerciant ceux qui m'ont appuyé. Que le Hezbollah ait appuyé ma candidature, durant les consultations parlementaires, ne signifie en aucune façon qu'il m'a désigné. La décision a été personnelle. Il n'y a eu aucun contact extérieur. »

La forme du futur gouvernement
Sur la forme que pourrait prendre le futur cabinet, le Premier ministre désigné a affirmé qu'il sera d'entente nationale, si les deux camps du 8 et du 14 Mars décident d'y participer. Sinon, a-t-il ajouté, deux options se présentent : soit un gouvernement qui forme une bonne équipe de travail au service du pays, soit encore un gouvernement composé, pour moitié de personnalités politiques et pour une autre moitié de spécialistes, ou encore de technocrates. En tout état de cause, a-t-il dit, il n'y aura pas au sein du gouvernement de personnalité « d'éclat » fortement symbolique de l'un des deux camps. Du reste, la coopération avec le président Sleiman sera totale et sans réserve.
Au demeurant, M. Mikati a déjà exprimé son opposition à l'accord de Doha et à la formule des gouvernements d'entente, où l'opposition jouirait du « tiers de blocage ».
Au sujet des mandats d'arrêt délivrés par la justice syrienne à l'encontre de personnalités politiques de premier plan, M. Mikati a affirmé que la question sera réglée conformément à la loi et aux conventions existantes entre les deux pays. « Le Liban doit respecter tous les engagements qu'il a signés », a-t-il souligné.
Il paraît évident, à la lumière de ce qu'affirme M. Mikati, que ce sera moins la forme du gouvernement que sa déclaration ministérielle qui constituera le plus grand obstacle à son entrée en fonctions.

Les appuis extérieurs
Les réactions internationales au Premier ministre désigné ont été généralement prudentes. M. Mikati, qui entretient de bonnes relations avec Damas et Riyad, a reçu hier le soutien de la Syrie. « La Syrie est prête à coopérer avec ce gouvernement », a déclaré le chef de la diplomatie syrienne Walid Mouallem.
M. Mikati a également souligné, lors d'une rencontre avec l'ambassadrice des États-Unis Maura Connelly, son engagement à maintenir de bonnes relations avec les États-Unis. Faisant fi des injonctions du ministre des AE sortant, la diplomate a revu hier M. Mikati, mais n'a pu obtenir de lui plus que ce qu'il a déclaré publiquement au sujet du TSL. Ce qui est remarquable, c'est que la démarche de Connelly a coïncidé avec la visite effectuée par Jeffrey Feltman à Paris, dans le cadre des concertations franco-américaines sur les derniers développements au Liban. À cette visite a fait également écho la présence à Damas du responsable du Foreign Office. Le monde entier, semble-t-il, est aujourd'hui aux chevets du Liban. À moins qu'il ne se penche sur le damier, pour riposter au point qui vient d'être joué et gagné.
Au premier jour des consultations parlementaires du Premier ministre désigné, les contours du prochain gouvernement et de l'étape politique à venir ont commencé à se dessiner.Le bloc du Courant du futur a donné la note hier de cette prochaine étape en réclamant ouvertement à Nagib Mikati un engagement écrit clair en faveur du tribunal de l'ONU. « Nous avons demandé au Premier ministre désigné de clarifier sa position (concernant le TSL) et de la mentionner explicitement dans la déclaration de politique générale » du futur gouvernement, a affirmé le député Fouad Siniora, au nom du groupe parlementaire de M. Hariri, maintenant le flou sur la participation du groupe au futur cabinet. Dans une déclaration faite la veille, le Premier ministre désigné avait scindé cette problématique en deux, indiquant...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut