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Moyen Orient et Monde - Protestations

Au Caire et à Sanaa, comme un parfum de jasmin

Alors qu'à Tunis, les ministres ayant appartenu à l'équipe de Ben Ali continuaient de tomber, la « révolution du jasmin » commençait à sérieusement faire des émules. Au Caire, les manifestations se poursuivaient, accompagnées du retour de l'opposant Mohammad el-Baradei. À Sanaa, des milliers de manifestants hurlaient à l'intention du président Saleh, à la tête du Yémen depuis 1978 : « Ça suffit ! ».

Le centre de Suez ressemblait à un champ de bataille après des affrontements entre policiers et manifestants hier après-midi. Khaled Desouki/AFP

Les manifestations réclamant le départ du président Hosni Moubarak se sont poursuivies hier pour une troisième journée consécutive en Égypte. La contestation était particulièrement vive dans le nord du Sinaï, où un manifestant a été mortellement atteint d'une balle dans la tête lors d'un échange de tirs entre bédouins et forces de sécurité. Il s'agit du septième décès (cinq manifestants et deux policiers) depuis mardi. Plus tard dans la soirée, la police a été prise pour cible, sans être touchée, par des tirs de roquettes antichars de type RPG tirées à partir de Cheikh Zouwayed, ville du Sinaï habitée principalement par des bédouins armés qui demandent depuis des années la libération de plusieurs des leurs, détenus sans avoir été jugés. À Suez (Nord-Est), des manifestants ont mis le feu à une caserne de pompiers après avoir lancé des cocktails Molotov sur la police, selon un photographe de l'AFP sur place. À Ismaïliya, au nord de Suez, des accrochages ont opposé plusieurs centaines de manifestants aux forces de l'ordre.
La police était par ailleurs massivement présente toute la journée dans le centre du Caire, qui a connu des manifestations et des heurts mardi et mercredi. Selon un responsable des services de sécurité, « au moins mille personnes ont été arrêtées à travers le pays ».
Conséquence des protestations, la Bourse du Caire a accusé une forte chute hier, qui l'a contrainte à une suspension provisoire. Elle a clôturé en recul de plus de 10 %.
Dans ce contexte d'instabilité, l'opposant égyptien le plus en vue, Mohammad el-Baradei, est arrivé hier soir au Caire, en demandant au pouvoir l'arrêt « de la violence, des détentions et de la torture ». L'ancien directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a proposé de mener la transition au régime de Hosni Moubarak, en place depuis 1981. « Je suis ici avec l'espoir de continuer à travailler pour un changement ordonné et pacifique », a déclaré M. el-Baradei à son arrivée à l'aéroport. « Si la population veut que je mène la transition, alors je ne la décevrai pas », avait-il déclaré à Vienne avant son départ, en précisant vouloir participer aux nouvelles manifestations qui s'annoncent, selon lui, « massives ». Les jeunes militants prodémocratie à l'origine du mouvement, inspiré par la révolte tunisienne, ont appelé à de nouvelles manifestations après les prières hebdomadaires d'aujourd'hui.
Parallèlement, le Parti national démocratique au pouvoir, qui a tenu sa première réunion depuis le début des manifestations, s'est dit ouvert à un dialogue avec la jeunesse et a démenti les rumeurs sur la fuite de certains responsables. Il n'a toutefois pas proposé de concessions aux manifestants.
À Washington, le président Barack Obama a affirmé hier que la violence n'était « pas une solution aux problèmes en Égypte » et appelé le gouvernement et les manifestants à faire preuve de retenue. Tout en qualifiant le président Moubarak de « partenaire important », le porte-parole de la Maison-Blanche a affirmé à plusieurs reprises que les États-Unis « ne prennent pas parti ».
Les manifestations réclamant le départ du président Hosni Moubarak se sont poursuivies hier pour une troisième journée consécutive en Égypte. La contestation était particulièrement vive dans le nord du Sinaï, où un manifestant a été mortellement atteint d'une balle dans la tête lors d'un échange de tirs entre bédouins et forces de sécurité. Il s'agit du septième décès (cinq manifestants et deux policiers) depuis mardi. Plus tard dans la soirée, la police a été prise pour cible, sans être touchée, par des tirs de roquettes antichars de type RPG tirées à partir de Cheikh Zouwayed, ville du Sinaï habitée principalement par des bédouins armés qui demandent depuis des années la libération de plusieurs des leurs, détenus sans avoir été jugés. À Suez (Nord-Est), des manifestants ont mis le feu à une...
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