Le centre de Suez ressemblait à un champ de bataille après des affrontements entre policiers et manifestants hier après-midi. Khaled Desouki/AFP
La police était par ailleurs massivement présente toute la journée dans le centre du Caire, qui a connu des manifestations et des heurts mardi et mercredi. Selon un responsable des services de sécurité, « au moins mille personnes ont été arrêtées à travers le pays ».
Conséquence des protestations, la Bourse du Caire a accusé une forte chute hier, qui l'a contrainte à une suspension provisoire. Elle a clôturé en recul de plus de 10 %.
Dans ce contexte d'instabilité, l'opposant égyptien le plus en vue, Mohammad el-Baradei, est arrivé hier soir au Caire, en demandant au pouvoir l'arrêt « de la violence, des détentions et de la torture ». L'ancien directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a proposé de mener la transition au régime de Hosni Moubarak, en place depuis 1981. « Je suis ici avec l'espoir de continuer à travailler pour un changement ordonné et pacifique », a déclaré M. el-Baradei à son arrivée à l'aéroport. « Si la population veut que je mène la transition, alors je ne la décevrai pas », avait-il déclaré à Vienne avant son départ, en précisant vouloir participer aux nouvelles manifestations qui s'annoncent, selon lui, « massives ». Les jeunes militants prodémocratie à l'origine du mouvement, inspiré par la révolte tunisienne, ont appelé à de nouvelles manifestations après les prières hebdomadaires d'aujourd'hui.
Parallèlement, le Parti national démocratique au pouvoir, qui a tenu sa première réunion depuis le début des manifestations, s'est dit ouvert à un dialogue avec la jeunesse et a démenti les rumeurs sur la fuite de certains responsables. Il n'a toutefois pas proposé de concessions aux manifestants.
À Washington, le président Barack Obama a affirmé hier que la violence n'était « pas une solution aux problèmes en Égypte » et appelé le gouvernement et les manifestants à faire preuve de retenue. Tout en qualifiant le président Moubarak de « partenaire important », le porte-parole de la Maison-Blanche a affirmé à plusieurs reprises que les États-Unis « ne prennent pas parti ».

