Il y a longtemps que Van Gaal ne fait plus rire Uli Hoeness, pourtant tombé, comme beaucoup, sous le charme du Néerlandais en mai dernier.
Alors que son équipe célébrait le titre de champion d'Allemagne comme le veut la tradition sur le balcon de l'hôtel de ville de Munich, Van Gaal avait troqué ses habits d'austère et implacable entraîneur pour ceux d'un fêtard déchaîné et hilare.
Depuis cette belle fin de saison 2009-2010 (doublé Coupe/championnat, finale de la Ligue des champions), Hoeness rit jaune.
Le président du conseil de surveillance a d'abord suivi le catastrophique début de championnat de son équipe qui a sombré jusqu'à la 12e place.
Même s'il a perdu tout espoir de conserver son titre, le Bayern, 4e à 14 points de Dortmund avant la 20e journée, a rectifié le tir et s'est qualifié pour les 8es de la Ligue des champions où il affrontera l'Inter Milan.
Hoeness ne supporte plus l'autoritarisme de son entraîneur à qui il reproche de n'en faire qu'à sa tête et de ne pas communiquer avec ses dirigeants.
Par deux fois, il a attaqué publiquement Van Gaal : en octobre d'abord où il avait révélé qu'il était difficile de lui parler et avait mis en cause la gestion de son effectif.
Rebelote la semaine dernière où il a décrit un Van Gaal peu soucieux de ménager humainement ses joueurs comme le gardien de but Jörg Butt, relégué soudainement sur le banc des remplaçants pour laisser sa place au jeune Thomas Kraft.
Hoeness voulait Klopp
Depuis, Mark Van Bommel, présenté comme la prochaine victime de Van Gaal, a quitté le navire pour un contrat de six mois à l'AC Milan.
Hoeness n'est plus le seul à critiquer ouvertement l'ancien entraîneur de l'Ajax et du Barça.
« Il doit comprendre que dans ce club, il y a d'autres personnes qui sont responsables des questions sportives », l'a admonesté le directeur sportif Christian Nerlinger.
« L'important au Bayern, ce n'est pas seulement de former des jeunes, mais de gagner des titres », a-t-il asséné.
Van Gaal, nostalgique de son sacre en Ligue des champions en 1995 avec des jeunes issus du centre de formation de l'Ajax, s'énorgueillit en effet de ne pas coûter cher à ses dirigeants en misant sur les espoirs du club comme Müller, Kraft, Badstuber et Contento.
L'état-major bavarois assure qu'il ne regrette pas d'avoir prolongé en septembre d'un an, jusqu'en 2012, le contrat de son imprévisible entraîneur.
Hoeness a quand même rappelé que si cela ne tenait qu'à lui, Jurgen Klopp, actuel entraîneur de Dortmund, aurait été recruté en 2008 à la place de Jürgen Klinsmann, auteur d'un bide retentissant et prédécesseur de Van Gaal qui replonge le Bayern dans un quotidien de crises comme dans les années 1990 et la première version du FC Hollywood.


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